Article
Intelligence artificielle générative à l'épreuve du réel (L') [[periodique]] / Maxime Recoquillé
Titre(s)
- Intelligence artificielle générative à l'épreuve du réel (L') [[periodique]] / Maxime Recoquillé
Ensemble
- Express (L') 3902
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 16/04/26
Description matérielle
- pp.60-61
ISSN
- 0014-5270
Note sur la description matérielle
- 2
Résumé ou extrait
- Malgré l'engouement suscité par ChatGPT depuis novembre 2022, les grandes entreprises françaises peinent encore à tirer un retour sur investissement clair de l'IA générative. Une enquête du National Bureau of Economic Research menée auprès de 6 000 dirigeants aux Etats-Unis, en Europe et en Australie montre que près de 9 entreprises sur 10 n'ont observé aucun impact perceptible sur leur productivité au cours des trois dernières années. Le MIT estime de son côté que 95 % des projets échouent à délivrer un ROI. En France, des groupes comme Air France-KLM, LCL, TotalEnergies, Axa, Bpifrance ou RTE décrivent des résultats concrets encore modestes malgré des budgets pouvant dépasser les six chiffres.Les principaux freins sont techniques et organisationnels : données incomplètes ou dispersées, silos, systèmes legacy parfois vieux de 30 ans, coûts d'inférence jugés opaques, difficulté d'intégrer les outils au système d'information, enjeux de sécurité, de fiabilité et de souveraineté face à la domination des solutions américaines. Chez Bpifrance, seuls 17 tests sur 240 ont été considérés comme des réussites. Les entreprises doivent aussi encadrer le shadow IA, c'est-à-dire l'usage non autorisé d'outils grand public par les salariés, dans un contexte de durcissement réglementaire avec l'IA Act.Des gains apparaissent toutefois dans des usages très ciblés. Chez LCL, l'outil ArIA aide 12 000 conseillers et génère déjà les deux tiers des réponses envoyées aux clients par e-mail. Bpifrance observe jusqu'à 20 % de gains de productivité sur le code informatique. Chez Axa France, SmartInAxa permet d'interroger une base de plus de 30 000 documents et fournit 93 % de réponses correctes en quelques secondes. Mais ces réussites restent ponctuelles et insuffisantes pour produire les millions d'euros espérés par les directions générales. Chez Air France-KLM, l'IA générative représente même moins de 10 % des budgets IA, les retours les plus solides venant encore d'outils plus anciens comme la prédiction, la détection de fraude ou l'optimisation logistique.L'espoir se reporte désormais sur les agents autonomes capables d'agir et de s'autocorriger. RTE y voit un moyen de soutenir 10 milliards d'euros d'investissements et de multiplier par dix certaines études avec l'électrification des usages. Mais leur fiabilité reste incertaine : des expériences menées par Harvard, Stanford et le MIT ont déjà mis en évidence des fuites de données, des boucles infinies de consommation de ressources et la suppression imprévue d'un serveur e-mail. En parallèle, le potentiel macroéconomique reste élevé : 25 % des entreprises françaises disent utiliser l'IA générative, avec un gain de PIB attendu entre 250 et 420 milliards d'euros en 2034, mais aussi 5 millions d'emplois menacés d'ici à 2030....
Sujet - Nom commun
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