Article
On change d'ère ? [[periodique]]
Titre(s)
- On change d'ère ? [[periodique]]
Ensemble
Editeur, producteur
- 01/06/26
Description matérielle
- pp.58-117
ISSN
- 1951-1787
Note sur la description matérielle
- 60
Résumé ou extrait
- L'article explore la possibilité de penser et imaginer un autre monde alors que l'horizon social et politique semble se refermer sous l'effet du catastrophisme, de la montée des extrêmes, du dérèglement climatique et de l'emprise du capitalisme. Il analyse la liquidation du futur et la stase idéologique, où le néolibéralisme s'impose comme l'unique modèle, éliminant la catégorie même de valeur au profit des faits et de la pensée entrepreneuriale, aussi bien dans la santé que l'enseignement. Mark Fisher décrit cette période comme celle du "réalisme capitaliste". En même temps, la Silicon Valley et la "tech" proposent une vision du progrès fondée sur des algorithmes prédictifs, refermant la notion de possible au profit du probable et de scénarios d'immortalité ou de colonisation spatiale. L'article mobilise Henri Bergson, qui considère que l'idée de possible est une illusion rétrospective, mais ouvre aussi la voie du "possibilisme" par David Lewis et des mondes alternatifs en philosophie et littérature. Le raisonnement contrefactuel, évoqué par Quentin Deluermoz et Pierre Singaravélou, permet de repenser le passé et ses futurs non advenus, enrichissant la compréhension contemporaine par une défatalisation de l'histoire et une mise en lumière des discontinuités. L'utopie concrète apparaît alors comme une perspective crédible pour desserrer notre rapport à la fatalité historique. En entretien, Hervé Le Tellier explique que les arborescences du possible sont infinies, mais limitées par nos capacités, et que la contrainte permet de faire surgir des mondes nouveaux et inattendus, à l'image du travail de l'Oulipo ou de la littérature potentielle. Enfin, une classe de jeunes interrogée sur leurs rêves et visions collectives fait état d'une tension entre fatalisme, individualisme et désir de changement, tout en mentionnant la difficulté de s'engager et la domination de la technologie et du capitalisme. Le collectif apparaît comme une piste à retrouver, mais l'imaginaire utopique ou dystopique est dominé par la confrontation au principe de réalité et à une culture de chambres d'écho sur les réseaux sociaux. Malgré scepticisme et blocage idéologique, ces témoignages expriment un besoin d'alternatives, de nouveaux émerveillements, et de capacité à agir autant individuellement que collectivement....
Sujet - Nom commun
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