Article
À la recherche du Premier baiser [[periodique]] / Vincent Nouyrigat
Titre(s)
- À la recherche du Premier baiser [[periodique]] / Vincent Nouyrigat
Ensemble
- Epsiloon 57
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 01/03/26
Description matérielle
- pp.80-84
ISSN
- 2800-4736
Note sur la description matérielle
- 4
Résumé ou extrait
- Devenu un objet scientifique à part entière, le baiser romantico-sexuel reste étonnamment mal défini et ses origines demeurent incertaines. Des chercheurs en anthropologie, psychologie évolutive, primatologie et microbiologie tentent d'abord d'en préciser la forme, en le distinguant des gestes affiliatifs ou alimentaires observés chez d'autres espèces. La plus ancienne référence explicite connue provient d'un mythe sumérien gravé sur des tablettes vieilles de 4 500 ans découvertes en Irak, suggérant que le baiser n'était pas réservé aux élites de Mésopotamie. Plus loin dans le passé, les traces directes manquent : l'ADN ancien n'a pas livré de signature biologique spécifique du baiser, même si la présence de la bactérie Methanobrevibacter oralis dans la bouche d'un Néandertalien de 48 000 ans en Espagne alimente l'hypothèse de contacts intimes avec Homo sapiens.Faute de fossiles comportementaux, plusieurs équipes se tournent vers les primates. Des analyses phylogénétiques fondées sur des millions d'itérations situent une origine possible du baiser il y a 21,5 millions d'années chez un ancêtre commun, mais cette interprétation est contestée : certains chercheurs estiment que les comportements observés chez chimpanzés et bonobos relèvent surtout de l'apaisement, du jeu ou du toilettage social, et non d'un geste romantique.L'intérêt adaptatif du baiser reste débattu. Il pourrait favoriser l'excitation sexuelle, aider à évaluer la compatibilité d'un partenaire, renforcer le microbiote buccal d'un couple stable ou, selon une hypothèse, contribuer à l'immunité féminine contre certains cytomégalovirus avant la grossesse. En parallèle, le baiser transmet aussi des agents infectieux : environ 80 millions de bactéries passent d'une bouche à l'autre en 10 secondes, plus de 90 % des adultes ont été infectés par le virus d'Epstein-Barr et près de 70 % des moins de 50 ans portent l'Herpes simplex 1. Enfin, le geste n'a rien d'universel : sur 168 cultures étudiées, seules 46 % pratiquent le baiser romantique, sa fréquence semblant plus forte dans les climats froids que dans les régions tropicales....
Sujet - Nom commun
- Comportement animal -- Évolution -- Comparaison
- Baisers -- Origines -- Recherche
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