Article
Tchernobyl, au cœur de la zone interdite [[periodique]] / Matthew Sparkes
Titre(s)
- Tchernobyl, au cœur de la zone interdite [[periodique]] / Matthew Sparkes
Ensemble
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 23/04/26
Description matérielle
- pp.36-39
ISSN
- 1154-516X
Note sur la description matérielle
- 4
Résumé ou extrait
- À 1 h 23, le 26 avril 1986, un test de sécurité raté provoque l’explosion du réacteur n° 4 de Tchernobyl. En 48 heures, le site devient le théâtre de la pire catastrophe nucléaire de l’histoire. Quarante ans plus tard, la zone n’est ni totalement désertée ni totalement sécurisée : environ une centaine de substances radioactives y ont été relâchées, avec des effets très différents selon leur durée de vie. L’iode 131 n’a posé qu’un risque de court terme, mais le césium 137 et le strontium 90 restent des marqueurs majeurs de la contamination. Le réacteur accidenté contenait en outre 1,9 tonne d’uranium 235 et 760 kilos de plutonium 239, ce qui inscrit le site dans un temps très long. L’essentiel des résidus a été récupéré puis enfoui par 600000 « liquidateurs ».Le reportage montre que Tchernobyl est aussi un territoire de travail, de mémoire et de recherche. Les réacteurs 2, 1 et 3 ont continué à fonctionner respectivement jusqu’en 1991, 1996 et 2000, et les salariés de la centrale doivent aujourd’hui parcourir 260 kilomètres aller puis 260 kilomètres retour pour contourner les contraintes géopolitiques. Selon le chercheur Jim Smith, près des deux tiers de la zone d’exclusion pourraient en théorie accueillir des humains. Le bilan direct confirmé reste limité à 2 morts lors de l’explosion et 28 pompiers et secouristes morts dans les trois mois, mais les modèles démographiques les plus robustes évoquent environ 15000 morts au total.Les progrès de confinement ont été gravement perturbés par la guerre. L’arche lancée en 2010 et achevée en 2016, conçue pour un chantier de démantèlement sur un siècle, a permis un temps d’envisager une gestion plus maîtrisée du réacteur. Mais l’invasion russe du 24 février 2022, l’occupation jusqu’en avril 2022, le pillage des laboratoires, les destructions de données, les champs de mines et une attaque de drone contre le toit de l’arche ont rouvert le dossier de l’urgence. Cette structure de 36000 tonnes, longue de 257 mètres, haute de 100 mètres et financée à hauteur de 1,5 milliard d’euros, a dû être colmatée en urgence en avril 2025.Parallèlement, la zone reste un laboratoire écologique unique. La réserve, malgré la contamination, abrite une biodiversité importante et une renaturation remarquable. Les bassins de refroidissement vidangés après l’arrêt des pompes en 2014 révèlent toutefois de nouveaux risques : les radionucléides lourds demeurent parfois à 20 centimètres sous la surface. Les chercheurs y voient à la fois un terrain incomparable pour étudier les effets des radiations, des mines et des perturbations humaines, et un lieu susceptible de devenir, si la paix revient, un espace scientifique et naturel majeur en Europe....
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