Article
Bête qui fut en l'homme après la faute (La) [[periodique]] / Nicolas Journet
Titre(s)
- Bête qui fut en l'homme après la faute (La) [[periodique]] / Nicolas Journet
Ensemble
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 01/06/26
Description matérielle
- pp.85-86
ISSN
- 0996-6994
Note sur la description matérielle
- 2
Résumé ou extrait
- À partir de l’essai de Pierre-Olivier Dittmar, la recension retrace la genèse de la notion moderne d’animal dans les trois derniers siècles du Moyen Âge européen. L’ouvrage montre que l’Antiquité ne pensait pas encore « l’animal » comme une catégorie générale opposée à l’humain : chez Aristote, il s’agit surtout de distinguer des degrés de raison parmi les vivants. La tradition chrétienne n’installe pas non plus immédiatement le naturalisme moderne. Après la faute, la Genèse sépare plutôt les espèces dociles et domestiques des bêtes ensauvagées et carnivores. Au 12e siècle, les animaux occupent encore une place centrale dans les fables, les bestiaires, les manuscrits et les représentations religieuses, où ils servent d’analogies morales plus que d’objets pensés pour eux-mêmes. La proximité avec les bêtes structure aussi la vie quotidienne médiévale : le bétail entre en ville, certains animaux sont admis dans les églises, et les carnivores sont évités dans l’alimentation car soupçonnés d’avoir goûté la chair humaine. Selon Dittmar, le basculement décisif intervient entre 1250 et 1350, quand l’idée d’une « part animale » de l’homme se fixe sur le corps, perçu comme échappant à la raison. La transformation de bestiae en « bête » et la multiplication de figures hybrides dans l’art gothique contribuent à unifier le champ de l’animalité. Le livre décrit ainsi un passage progressif de l’animisme antique à un naturalisme encore inachevé, avant que sciences et philosophie ne parachèvent plus tard la séparation moderne entre humanité et animalité....
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