Article
A Arles, une prison prête à sortir de ses gonds [[periodique]] / Céline Delbecque
Titre(s)
- A Arles, une prison prête à sortir de ses gonds [[periodique]] / Céline Delbecque
Ensemble
- Express (L') 3909
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 04/06/26
Description matérielle
- pp.48-49
ISSN
- 0014-5270
Note sur la description matérielle
- 2
Résumé ou extrait
- Quatre ans après l'assassinat d'Yvan Colonna, la maison centrale d'Arles reste marquée par des failles sécuritaires persistantes, une circulation importante d'objets interdits et une forte tension liée aux troubles psychiatriques d'une partie des détenus. L'article prend pour exemple Lofti Boussouak, 27 ans lors de son évasion spectaculaire en 2019 à Tarascon, aujourd'hui incarcéré à Arles sous le statut de « détenu particulièrement signalé » et pourtant retrouvé avec un smartphone, une clé 4G et 18 grammes de résine de cannabis le 14 août 2025, puis avec une nouvelle clé 4G le 5 mars 2026.Le personnel pénitentiaire, déjà traumatisé, redoute de nouveaux drames après plusieurs épisodes graves : l'agression mortelle d'Yvan Colonna le 2 mars 2022, une prise d'otages de cinq personnes dans l'unité médicale le 3 janvier 2025, une tentative d'étranglement d'un agent le 24 janvier 2026 et le nez fracturé d'un surveillant le 24 juillet 2025, avec six mois d'arrêt de travail. La prison n'est pourtant pas surpeuplée, avec 143 détenus pour 157 places au 20 mai 2026, tous en cellules individuelles fermées en permanence.Les surveillants disent cependant y retrouver de tout : arme improvisée de 30 centimètres, téléphones, chargeurs, drogue, routeurs Wifi, boîtiers IPTV. En 2025, 52 téléphones ont été saisis, dont « une dizaine » dans la cellule de Gabriel Ory, présenté comme l'un des chefs présumés de la DZ Mafia, alors même qu'il se trouvait au quartier d'isolement. Les brouilleurs de téléphones et les dispositifs antidrones sont jugés défaillants.Les syndicats dénoncent aussi un sous-effectif chronique : 3 à 5 postes vacants par jour, des nuits assurées par 12 surveillants au lieu de 14, un déficit total de 13 agents et près de 38 500 heures supplémentaires effectuées en 2025. Enfin, la question psychiatrique apparaît centrale : 12 % des détenus souffrent de troubles schizophréniques ou psychotiques, contre 1 à 3 % dans la population générale. La distribution de traitements pour deux ou trois jours et l'alourdissement des procédures après la mort de Colonna compliquent encore le suivi médical. Cette accumulation de vulnérabilités explique pourquoi l'établissement, un temps envisagé pour accueillir de futurs quartiers de lutte contre la criminalité organisée, a finalement été écarté....
Sujet - Nom commun
Lien copié.
Build V.5.2.2 - 2ecb916194 (29/04/2026 07:35:08)