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Marche, le plus court chemin vers soi (La) [[périodique] ]

  • Marche, le plus court chemin vers soi (La) [[périodique] ]
  • 01/06/25
  • pp.8-82
  • 1777-375X
  • Dossier de 21 articles.
  • 75
  • C'est une chose étrange, à la fin, qu'un pied. En double exemplaire. Pendant que tout s'accélère, que les écrans crépitent et que bourdonnent les drones, n'est-il pas enivrant de se savoir quelqu'un qui marche ? Qui évolue à deux à l'heure, avec une vieille paire de chaussures, un sac trop lourd, ou rien du tout ? Sans bruit, sans moteur, sans urgence... On ne va pas très vite, alors. On ne recule pas non plus. Et ça change tout. Marcher, ça n'a l'air de rien. C'est même le minimum syndical du mouvement. Moins rapide que courir, moins stylé que danser, moins efficace que rouler. Et pourtant, tout y est : notre histoire, notre pensée, notre complexité. Car on marche pour mille raisons. Pour fuir, chercher, ou digérer. Pour faire la paix, la guerre, ou faire le vide. Les religions ont leurs pèlerinages, les années leurs marches forcées, les couples leurs balades qui tournent mal. Les enfants marchent pour apprendre, les vieillards pour ne pas rouiller. Les militants pour se faire entendre, les flâneurs pour qu'on les oublie. Il y a ceux qui comptent leurs pas, et ceux qui comptent les minutes jusqu'au prochain banc. La marche raconte des corps, des époques, des rapports de force. Elle révèle des façons d'habiter l'espace, d'investir le temps, de créer du lien. Elle fait apparaître ce qu'on croyait invisible : la fatigue, le territoire, le silence, et, parfois, les autres. Au fond, marcher, c'est peut -être notre activité la plus humaine. Qui ne promet rien, mais permet tout : partir, revenir, réfléchir, s'orienter, se rencontrer, se calmer, respirer, retrouver quelqu'un qu'on aime. Et puis, peut-être que marcher, tout simplement, est devenu une forme de résistance. Ou un luxe discret. Accessible à tous. Sans abonnement. Sans intelligence artificielle. Et sans batterie. Gratuit... Alors, puisque rien ne sert de courir (sauf si on a oublié les enfants à l'école), marchons plutôt ensemble, lectrices, lecteurs, vers un monde meilleur (à condition qu'il ne soit pas trop en pente), et sans omettre de s'étirer entre deux articles. Après vous... Sommaire. Pascal Picq : "La sédentarité constitue une véritable maladie civilisationnelle". MARCHER AU FIL DES SIECLES. L'espèce ambulante. Les animaux, nos compagnons d'errance. Quand les dieux marchaient parmi nous. L'histoire en marche. Neil Armstrong, la Lune à ses pieds. Le peuple des errants. MARCHER POUR SE CHERCHER. L'exploration commence ! Dis-moi comment tu marches, je te dirai comment tu vas. Roger-Pol Droit : "Penser c'est se déséquilibrer". La bougeotte des écrivains. Sur les pas du divin. La tête et les jambes. Partir un jour, sans retour... On marche sur la tête. MARCHER AVEC LES AUTRES. Tout faire à pied, le luxe suprême ? Une lutte d'espace. Tous ensemble, tous ensemble ! Les lois du pas de l'oie. Clémence Perrin-Malterre : "Un enjeu démocratique se dessine autour de l'accès à la nature". Eloge des chemins.
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