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Fatima Massaquoi, princesse libérienne de la sociologie [[periodique]] / Béatrice Kammerer

  • Fatima Massaquoi, princesse libérienne de la sociologie [[periodique]] / Béatrice Kammerer
  • 01/05/26
  • pp.82-83
  • 0996-6994
  • 2
  • En 1939, à l'université Fisk dans le Tennessee, Fatima Massaquoi révèle par un exercice autobiographique une capacité rare à analyser simultanément les coutumes vaï et les normes occidentales. Née à Gendema, au Liberia, à une date incertaine — 1905 ou 1912 selon les sources —, elle est la neuvième enfant de Momolu Massaquoi (1869-1938), souverain du peuple vaï sur des territoires aujourd'hui partagés entre la Sierra Leone et le Liberia. Élevée d'abord dans l'univers vaï, entre traditions orales, prières coraniques, rites sociaux, société initiatique Sande et savoirs liés aux plantes médicinales, elle reçoit ensuite à Monrovia une éducation occidentale voulue par son père, convaincu que les autochtones ne pourront s'émanciper sans maîtriser les codes des colonisateurs. Dans un Liberia indépendant depuis 1847, elle apprend l'anglais, le christianisme et les usages européens, tout en refusant d'abandonner son identité.Quand son père devient consul général du Liberia en Allemagne en 1920, la famille s'installe à Hambourg en 1922. Elle y découvre la vie culturelle européenne, mais aussi l'exotisation de son corps noir et la montée progressive du racisme nazi. Après des études à Genève puis à l'université de Hambourg, où elle commence la médecine, elle quitte l'Europe en 1937 pour les États-Unis, jugés plus sûrs. Elle y rencontre une autre forme de racisme, institutionnalisée par la ségrégation, tout en poursuivant des études en sciences sociales au Lane College puis à Fisk.Son autobiographie, encouragée par son directeur Mark H. Watkins, est ensuite exploitée sans juste reconnaissance. Après un procès gagné contre l'université Fisk en 1945, elle récupère son manuscrit. De retour au Liberia en 1946 à l'invitation du président Tubman, elle participe à la création de l'université du Liberia, où elle enseigne jusqu'à sa retraite en 1972, fonde l'Institut d'études africaines et devient doyenne. Son manuscrit, endommagé pendant la guerre civile de 1989 à 1997, ne sera finalement publié qu'en 2013 sous le titre "The Autobiography of an African Princess", plus de soixante-dix ans après sa première rédaction....
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