Article
Donald Trump, ou l'esthétique du bulldozer [[periodique]] / Charlotte Lalanne
Titre(s)
- Donald Trump, ou l'esthétique du bulldozer [[periodique]] / Charlotte Lalanne
Ensemble
- Express (L') 3909
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 04/06/26
Description matérielle
- pp.20-22
ISSN
- 0014-5270
Note sur la description matérielle
- 3
Résumé ou extrait
- Donald Trump est présenté comme utilisant l'architecture comme un instrument de pouvoir, de communication et de rupture symbolique. L'article remonte à 1980, lorsqu'il fait détruire les bas-reliefs Art déco du grand magasin Bonwit Teller à New York pour construire la Trump Tower, au mépris d'une promesse de don au Metropolitan Museum of Art. Cette logique de destruction spectaculaire se prolongerait aujourd'hui à la Maison-Blanche, où l'aile Est a été rasée pour laisser place à une immense salle de bal voulue par le 47e président des Etats-Unis. Des historiens de l'architecture y voient un geste de table rase, destiné à effacer le passé immédiat, à fermer symboliquement la "Maison du peuple" au public et à déplacer le centre de gravité du pouvoir vers le divertissement et l'autocélébration.Le chantier avance selon une "méthode bulldozer" : absence d'autorisation du Congrès, procédures patrimoniales ignorées, puis bataille judiciaire engagée par le National Trust for Historic Preservation. Deux décisions de justice, en mars puis en avril, ont ordonné l'arrêt des travaux, avant que l'appel de la présidence ne permette leur reprise. Le projet prévoit une nouvelle aile Est de 8 360 m², plus vaste que la résidence exécutive de 5 110 m², avec une inauguration annoncée pour septembre 2028.L'article montre aussi que cette ambition dépasse la Maison-Blanche. Par un décret du 28 août 2025, Trump a imposé une préférence officielle pour l'architecture classique et traditionnelle des bâtiments fédéraux. Des spécialistes y lisent un manifeste politique renvoyant à des périodes réactionnaires de l'histoire américaine. A Washington, cette vision s'accompagne de bannières à son effigie sur trois ministères, d'une tentative de rebaptiser le Kennedy Center et surtout d'un projet d'arc de triomphe monumental de 76 mètres, supérieur à celui de Paris. Ce programme architectural apparaît comme une mise en scène de sa propre gloire, quitte à écraser les équilibres symboliques de la capitale et à reléguer au second plan des lieux de mémoire comme le cimetière d'Arlington....
Sujet - Nom de personne
Sujet - Nom commun
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