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Tatiana de Rosnay [[periodique]] / Giulia Foïs

  • Tatiana de Rosnay [[periodique]] / Giulia Foïs
  • 01/04/26
  • pp.16-20
  • 0032-1583
  • 5
  • Tatiana de Rosnay revient sur la parution de son roman Les cœurs sont faits pour être brisés, nourri par la figure d’Oscar Wilde et par l’émotion suscitée chez elle par la fin de vie du poète, mort à L’Hôtel à Paris le 30 novembre 1900 après avoir été brisé par le procès et l’exclusion liés à son homosexualité. Elle explique que l’écriture lui permet de réparer symboliquement le réel, d’inventer là où l’histoire laisse des zones d’ombre, et de retrouver un véritable élan vital.Ce livre l’a reconnectée à ses 20 ans, lorsqu’elle est partie en Angleterre étudier la littérature comparée et l’écriture créative, dans une période qu’elle associe à une grande liberté. Elle relie cette énergie à sa construction identitaire entre plusieurs cultures. Née d’une mère anglaise, elle grandit d’abord en France, puis part à 6 ans aux États-Unis lorsque son père est recruté par le MIT à Boston. Le retour en France, cinq ans plus tard, est vécu comme une rupture, avant un nouveau départ vers l’Angleterre après le bac. Depuis une dizaine d’années, elle écrit simultanément en français et en anglais, refusant désormais l’idée d’être traduite.Elle décrit aussi comment ses deux héroïnes prolongent sa propre dualité : Audrey représente sa part lumineuse, Marlo sa part plus sombre, nourrie notamment par la mélancolie ressentie au moment de vendre sa maison de la Drôme. L’entretien aborde également la difficulté d’exister face à un père célèbre, écrivain et scientifique, dont l’ombre a longtemps pesé sur elle. Elle dit avoir fini par assumer pleinement son nom, sa place et sa notoriété.Le Covid marque enfin un tournant personnel. La sortie de Les Fleurs de l’ombre le 12 mars 2020, au moment où les librairies fermaient, a été douloureuse, mais l’arrêt forcé lui a permis de faire le tri dans ses relations et de clarifier ses priorités. Elle évoque aussi des troubles du comportement alimentaire sévères, restés secrets pendant 20 ans. En 2023, l’écriture de Nous irons mieux demain, dont l’héroïne souffre d’anorexie et de boulimie, puis la décision d’en parler publiquement, l’ont aidée à s’en libérer. À 64 ans, elle affirme savoir qui elle est et se sentir libre....
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