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Ecran total. La nouvelle addiction des seniors [[periodique]] / Clara Degiovanni

  • Ecran total. La nouvelle addiction des seniors [[periodique]] / Clara Degiovanni
  • 01/05/26
  • pp.32-36
  • 1951-1787
  • 5
  • Le fossé numérique entre générations s'est largement réduit. Selon l'enquête Ifop « Les Français et l'addiction au numérique » parue en 2024, 40 % des plus de 65 ans se disent dépendants de leur smartphone, et 87 % en possèdent un, contre 92 % chez les 18-24 ans et les 50-64 ans. Le basculement s'est accéléré pendant l'épidémie de Covid, lorsque la proportion d'internautes de 60 à 69 ans a atteint 93 %. Longtemps considérés comme des « digital immigrants », les seniors sont devenus des usagers ordinaires, voire intensifs, des réseaux sociaux et des outils numériques.Cette connexion répond d'abord à une promesse de lien social. Bernard, 68 ans, explique passer environ trois heures par jour sur son smartphone, en plus de l'ordinateur et de la télévision, et utiliser LinkedIn, WhatsApp, Instagram et l'intelligence artificielle. Des comptes intergénérationnels comme « Mel et Fernande » (environ 600000 abonnés) ou « Studio Danielle » (1,2 million) donnent aussi une image active et visible des retraités en ligne.Mais l'article montre que cette hyperconnexion produit aussi dépendance, tensions familiales et isolement. Hélène L'Heuillet y voit l'effet d'une injonction sociale à rester jeune et souligne que 78 % des plus de 65 ans consultent leur téléphone dès le réveil. Les difficultés d'usage persistent également : 62 % des plus de 75 ans sont touchés par l'illectronisme, ce qui les expose aux pièges du web, aux arnaques liées à des contenus générés par l'IA et à une forme de marginalisation. D'après Science Advances, les personnes de 65 ans partagent sept fois plus d'infox que les autres classes d'âge.Le texte insiste aussi sur les effets cognitifs et relationnels des écrans. Sylvie Chokron décrit des cas d'usagers âgés perdant la notion du temps, jusqu'à oublier de manger, dormir ou prendre leurs médicaments. Les réseaux sociaux prétendent rompre la solitude, mais le « phubbing », la substitution des messages et appels vidéo aux visites, et la multiplication des écrans dans les Ehpad peuvent au contraire affaiblir les liens humains et le langage. En conclusion, l'article souligne l'ambivalence du numérique : il relie les seniors au monde connecté, tout en risquant de les enfermer dans une vie appauvrie en contacts réels. Il ouvre néanmoins une perspective inverse : 95 % des plus de 65 ans ne ressentent pas de confusion ni de désorientation sans smartphone, ce qui pourrait faire d'eux des références en matière de sobriété numérique....
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