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Daniel Drucker : " Nous ne sommes qu'au début de l'histoire des GLP-1 " [[periodique]] / Stéphanie Benz

  • Daniel Drucker : " Nous ne sommes qu'au début de l'histoire des GLP-1 " [[periodique]] / Stéphanie Benz
  • Express (L') 3910
  • 11/06/26
  • pp.70-72
  • 0014-5270
  • 3
  • Daniel Drucker, l'un des pionniers des GLP-1 à l'origine de Wegovy et Mounjaro, salue la décision française de rembourser ces traitements contre l'obésité sévère, en soulignant que leur intérêt dépasse largement la seule perte de poids. Il insiste sur leurs bénéfices cardiovasculaires déjà bien établis, ainsi que sur leurs effets potentiels pour les maladies rénales et hépatiques. Selon lui, leur accès reste toutefois un défi mondial car ces médicaments sont coûteux alors que l'obésité et le diabète de type 2 concernent entre 25 % et 35 % de la population selon les pays. L'arrivée de génériques pourrait cependant faire baisser les prix.Le chercheur met en garde contre l'idée de « molécules miracles » ou de traitements de longévité pour tous. Il rappelle que ces médicaments doivent être évalués indication par indication et qu'ils ne fonctionnent ni pour tous les patients ni contre toutes les maladies. Les pistes les plus prometteuses concernent, outre les maladies cardiovasculaires, certaines pathologies inflammatoires comme l'arthrose, le psoriasis ou la maladie de Crohn, mais aussi les addictions. Un essai récent avec le sémaglutide a montré une baisse de la consommation d'alcool sur six mois, et des formulations à injection mensuelle, voire trimestrielle, pourraient améliorer l'observance. Des études sont aussi en cours dans la boulimie, la dépression, l'anxiété et les comportements compulsifs.Dans le cancer, Drucker rappelle qu'au moins 11 types de tumeurs sont favorisés par le surpoids et juge prometteuses les données suggérant un ralentissement tumoral et une réduction du risque de métastases. En revanche, les résultats sont décevants dans les maladies neurodégénératives : les deux essais de Novo Nordisk contre Alzheimer ont été négatifs et, sur cinq essais contre Parkinson, seuls les trois premiers étaient encourageants, tandis que deux études plus larges n'ont montré aucun bénéfice.Sur la sécurité, il se veut rassurant : les GLP-1 sont utilisés depuis plus de vingt ans chez des dizaines de millions de personnes. Il reconnaît néanmoins que la perte musculaire et la densité osseuse resteront surveillées, surtout avec des molécules plus puissantes comme le rétatrutide d'Eli Lilly, associé à des pertes de poids proches de 30 %, même si 10 % à 15 % suffisent souvent à améliorer nettement l'état de santé. Il rappelle enfin que l'obésité est une maladie chronique liée au cerveau, ce qui explique la nécessité fréquente de traitements au long cours. Après quarante ans de découvertes, il estime que seul un tiers environ du potentiel des GLP-1 a été exploré....
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