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Qui sont les espions jetables de Poutine en Europe ? [[periodique]] / Alexandra Saviana

  • Qui sont les espions jetables de Poutine en Europe ? [[periodique]] / Alexandra Saviana
  • Express (L') 3907
  • 21/05/26
  • pp.34-37
  • 0014-5270
  • 4
  • Depuis l'invasion de l'Ukraine, les services russes recourent de plus en plus à des exécutants peu formés, recrutés à bas coût en Europe pour mener des actions de déstabilisation : graffitis, incendies, repérages, transports d'objets destinés à des mises en scène ou sabotages. L'article retrace le cas de Georgi Filipov, Bulgare approché à Sofia au printemps 2024 par Mircho Angelov pour venir à Paris taguer des mains rouges contre 1 000 euros. Du 12 au 14 mai 2024, avec Kiril Milushev, il participe au marquage de 35 mains ensanglantées sur le Mémorial de la Shoah, tandis qu'une campagne d'influence en ligne s'appuie sur des comptes dormants réactivés et de faux sites. Les traces numériques remontent vers Moscou. Le 31 octobre 2025, Filipov et Milushev sont condamnés à 2 ans de prison, Angelov à 3 ans par contumace et Nikolay Ivanov à 4 ans pour complicité. Quinze jours après les tags, Filipov revient pour convoyer de faux cercueils marqués « soldats français de l'Ukraine », une mission payée 2 000 euros.Le phénomène dépasse largement la France. L'article recense une soixantaine d'actes criminels liés à ces « agents jetables » depuis le début de la guerre en Ukraine, avec des opérations en Allemagne, en Pologne, dans les pays baltes et au Royaume-Uni. Après l'expulsion d'agents russes sous couverture diplomatique et le refus de 200 visas, Moscou a renforcé le recours à des réseaux de proxys hiérarchisés, animés depuis la Russie et coordonnés via Telegram, le dark Web et des intermédiaires russophones. Les recrues, souvent précaires, peuvent être payées de 50 euros à plusieurs milliers d'euros via Trust Wallet ou Moneygram. Elles ont entre 16 et 73 ans, et même des adolescents de 13 à 15 ans sont désormais ciblés en ligne. L'article cite aussi Dylan Earl, 21 ans, qui devait toucher 9 000 livres pour l'incendie d'un entrepôt près de Londres, ainsi que des opérations d'incendies rémunérées jusqu'à 10 000 dollars. Eurojust a permis l'arrestation de 22 suspects en juillet 2024, mais la justice peine encore à démontrer l'intention d'espionnage ou de déstabilisation au-delà du simple acte criminel....
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