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Pourquoi certains sont infidèles, et d'autres non... [[periodique]] / Laurent Berbon

  • Pourquoi certains sont infidèles, et d'autres non... [[periodique]] / Laurent Berbon
  • Express (L') 3899
  • 26/03/26
  • pp.68-70
  • 0014-5270
  • 3
  • Justin R. Garcia, biologiste américain et directeur exécutif de l'Institut Kinsey à l'université de l'Indiana, explique que la sexualité humaine ne peut pas être comprise seulement par le prisme du désir sexuel et de la reproduction. Selon lui, l'intimité constitue un moteur évolutif distinct, puissant et souvent sous-estimé, qui structure les relations de long terme. Les humains seraient ainsi socialement orientés vers la monogamie et la stabilité du couple, tout en restant attirés par la nouveauté sexuelle, ce qui crée une tension durable dans la vie affective.Pour gérer cette dualité, plusieurs voies existent : l'infidélité, les formes de non-monogamie consensuelle, ou le maintien d'une relation monogame capable d'intégrer de la nouveauté à l'intérieur du couple. Les travaux cités montrent que les couples durablement satisfaits ne nient pas ce besoin de nouveauté, mais le mobilisent dans leur relation, par exemple à travers des expériences nouvelles ou des changements de cadre.Garcia souligne aussi qu'il n'existe pas de « gène de l'infidélité », même si certaines variantes génétiques liées aux récepteurs de la dopamine peuvent favoriser une plus grande recherche de risque, de sensations et de nouveauté. L'infidélité dépend toutefois de nombreux autres facteurs, notamment le contexte. Il conteste l'idée selon laquelle elle s'expliquerait surtout par un manque dans la relation : les situations, les occasions et l'environnement jouent souvent un rôle déterminant.L'entretien aborde également les différences entre hommes et femmes face à l'infidélité, qui tendent à s'atténuer lorsque les réponses possibles sont moins binaires. Garcia observe aussi que les affinités politiques pèsent de plus en plus dans le choix des partenaires, au point de devenir une nouvelle forme d'homophilie. Il note par ailleurs que le fantasme du plan à trois, souvent présenté comme le plus répandu, inclut fréquemment le partenaire principal, ce qui montre que le désir de nouveauté reste souvent associé au besoin de sécurité affective.Enfin, il décrit une possible « crise de l'intimité » : baisse de la fréquence des rapports sexuels, sentiment de solitude y compris au sein du couple, et qualité relationnelle insuffisante malgré l'hyperconnexion. L'intelligence artificielle commence déjà à transformer les rencontres amoureuses, 26 % des personnes y ayant recours, proportion qui atteint 49 % chez la génération Z....
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