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Mali. La littérature comme résistance au djihadisme [[periodique]] / Chema Caballero

  • Mali. La littérature comme résistance au djihadisme [[periodique]] / Chema Caballero
  • 19/03/26
  • pp.32-33
  • 1154-516X
  • 2
  • La 18e édition de la Rentrée littéraire du Mali, organisée du 10 au 14 février à Bamako autour du thème « L'Afrique dans le monde de demain », s'est tenue dans une capitale fragilisée par l'insécurité, le manque de carburant et les coupures d'électricité. Déplacé et réaménagé à plusieurs reprises en raison de la crise sécuritaire et de l'embargo, l'événement a néanmoins maintenu son objectif : permettre aux écrivains africains de raconter le monde depuis le continent et de débattre de migration, mémoire, dérèglement climatique, langues menacées et croissance urbaine. Ibrahima Aya y défend l'idée qu'aucun peuple ne devrait vivre dans un récit écrit par d'autres, tandis que Steve Aganze présente la littérature comme un pont fondé sur l'empathie et l'écoute.Le contexte politique et militaire pèse sur toute la manifestation. Après les coups d'État de 2020 et de 2021, le colonel Assimi Goïta, au pouvoir depuis 2021, a réorienté le pays après le départ des troupes françaises en 2022 vers un rapprochement avec la Russie, alors que la violence s'est étendue dans une grande partie du Sahel. À Bamako, les contrôles de sécurité sont constants, les embouteillages aggravés par les pannes électriques, et la ville absorbe une part importante des déplacés : sur plus de 400000 personnes déplacées par le conflit, environ 80000 se seraient installées dans la capitale.La menace djihadiste, aggravée depuis 2012 après la rébellion touareg et la prise de villes comme Tombouctou ou Gao par des groupes liés à Aqmi, a aussi nourri une pénurie de carburant de plusieurs mois. Les attaques contre les camions-citernes venant du Sénégal ont interrompu l'approvisionnement et provoqué la mort de chauffeurs ainsi que l'incendie de véhicules. Le retour récent de l'essence n'a pas mis fin à la crise électrique, poussant une partie des habitants à utiliser panneaux solaires, générateurs ou appareils rechargeables. Alors que la température peut atteindre 48 °C en mars et avril, la crise climatique s'impose comme un thème central. L'encadré de contexte précise en outre qu'une embuscade du GSIM à Ségou, le 9 mars, aurait fait 11 morts, et que la crise du carburant frappe Bamako depuis septembre 2025. Dans ce cadre, la manifestation apparaît comme une forme de résistance culturelle et civique....
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