Monographie

Dialogues des prisonniers 1940 / Maurice Betz

  • Texte
  • Dialogues des prisonniers 1940 / Maurice Betz
  • Paris : éd. Emile-Paul Frères, 1940
  • 1 vol. (186 p.) ; 17 cm
  • Enfin, à toutes ces causes matérielles, militaires et politiques, ils ajoutent le problème du déséquilibre démographique entre les deux nations : 40 millions de Français contre 80 millions d'Allemands. Certains envient la discipline et « la forme de gouvernement » de l'Allemagne, alors que la France, faute d'enfants, comble le vide par l'arrivée de « métèques » (folio). [Source : résumé de Françoise Passera, EGO 39-45]
  • Maurice Betz, écrivain, est aussi officier de batterie lorsque, durant la campagne de France, il perd son manuscrit et ses carnets de route. Ce qui aurait dû être publié sous la forme de ses seuls souvenirs se transforme en un « dialogue des prisonniers ». Dès août 1940, l'auteur se retrouve en effet, avec six autres officiers, prisonnier des Allemands dans un Ausleselager (camp de triage) dans l'est de la France. Commence alors une série de réflexions en douze chapitres sur les raisons de la défaite. Composé d'officiers de réserve et de carrière, d'hommes jeunes et d'anciens combattants de 1914-1918, le groupe fait part de ses divergences sur le sujet. A travers de nombreuses anecdotes sont tour à tour évoqués le matériel peu fiable, les fusils sans munition, les batteries sans obus ou les vêtements dépareillés qui donnent lieu à des situations cocasses. L'un des officiers dénonce le nombre insuffisant de chars français face aux panzers (un contre dix) ainsi que le manque de mobilité de l'artillerie dû aux transports défectueux. Un chapitre entier est consacré aux carences de l'aviation. Le ton est particulièrement vif, même si certaines paroles tempèrent le propos en évoquant la difficulté à faire la lumière sur les événements. Tous sont néanmoins d'accord pour relever le déficit moral de l'Armée et de ses hommes. Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, le commandement français, âgé et routinier, se complaît dans les tâches administratives et techniques, sans prendre la mesure des changements opérés depuis 1918. Le corps des officiers dont font partie les protagonistes n'échappe pas à la critique. Dans le chapitre consacré aux « poilus », les prisonniers reconnaissent la bonne volonté des soldats mais reprochent une utilisation abusive des affectés spéciaux, transformant l'Armée française en un « petit million d'embusqués »
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