Article
Jours fériés : le problème de la France n'est pas celui que l'on croit [[periodique]] / Baptiste Gauthey
Titre(s)
- Jours fériés : le problème de la France n'est pas celui que l'on croit [[periodique]] / Baptiste Gauthey
Ensemble
- Express (L') 3908
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 28/05/26
Description matérielle
- pp.39-40
ISSN
- 0014-5270
Note sur la description matérielle
- 2
Résumé ou extrait
- Le débat récurrent sur les jours fériés en mai masque un enjeu plus structurel de compétitivité française. En 2026, les salariés peuvent obtenir 17 jours de repos consécutifs en ne posant que 8 jours de congé, ce qui ravive les critiques sur le temps de travail. François Bayrou avait proposé de supprimer 2 jours fériés, en estimant que cela rapporterait 4,2 milliards d'euros aux caisses de l'Etat, tandis que certains calculs relayés dans la presse évoquent jusqu'à 16,5 milliards d'euros de pertes annuelles. Mais, selon Olivier Redoulès, ces chiffrages sont trop mécaniques car une partie de l'activité est simplement reportée sur d'autres périodes. Mathieu Plane souligne aussi que, dans une économie où la demande est faible, l'effet d'un jour férié sur la croissance reste limité. La production manufacturière française demeurait d'ailleurs inférieure de 3,2 % en 2025 à son niveau de 2019.L'article rappelle que la France n'est pas un cas extrême en Europe sur les jours fériés ni sur la durée hebdomadaire de travail. Elle compte 11 jours fériés par an, contre 11,8 en moyenne dans l'Union européenne, 10 en Allemagne, 9 au Danemark et aux Pays-Bas, et jusqu'à 15 à Chypre. En 2024, les 20-64 ans en emploi travaillaient en moyenne 35,8 heures par semaine en France, contre 36 heures dans l'UE, 39,8 heures en Grèce et 32 heures aux Pays-Bas.Le véritable écart se situe dans le volume total de travail rapporté à la population en âge de travailler. Les 15-64 ans travaillent 1 105 heures par an en France, contre 1 189 heures dans l'UE et 1 212 heures en Allemagne, soit environ 100 heures de moins que les Allemands. Cela s'explique par 4,4 semaines non travaillées en moyenne en France contre 2,9 en Allemagne, mais surtout par un taux d'emploi plus faible : 68 % en France en 2024, contre 70,8 % dans l'UE et 77,4 % en Allemagne.Les jeunes et surtout les seniors expliquent cette faiblesse. En décembre 2025, le chômage des moins de 25 ans atteignait 18,1 % en France, contre 14,7 % dans l'UE et 6,8 % en Allemagne. Seuls 34,4 % des 15-24 ans travaillent, contre 51 % en Allemagne, 59 % au Danemark et 76 % aux Pays-Bas. Chez les seniors, 42,4 % des 60-64 ans et 11,1 % des 65-69 ans occupent un emploi, contre respectivement 56,5 % et 26,4 % en moyenne dans l'OCDE ; 31,3 % des Danois de 65-69 ans et 53,5 % des Japonais de cet âge travaillent. La conclusion est que supprimer des jours fériés aurait un effet marginal, alors qu'un rapprochement du volume de travail allemand pourrait relever le PIB français de 4 à 5 points. L'article souligne enfin la contradiction entre la volonté de préserver un niveau de vie élevé et le refus de travailler davantage, alors que certains défendent au contraire les 32 heures, la semaine de 4 jours et 7 nouveaux jours fériés, dont un le 30 juillet....
Sujet - Nom commun
Lien copié.
Build V.5.2.2 - 2ecb916194 (29/04/2026 07:35:08)