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Donald Trump, un ami encombrant [[periodique]] / Flavia Perina

  • Donald Trump, un ami encombrant [[periodique]] / Flavia Perina
  • 30/04/26
  • pp.28-33
  • 1154-516X
  • 6
  • Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et, surtout, sa guerre en Iran, ses attaques contre le pape et son style jugé chaotique ont transformé le président américain en fardeau politique pour une partie de ses alliés. En Europe, la défaite de Viktor Orban en Hongrie, longtemps érigé en modèle de l’illibéralisme, symbolise l’essoufflement du souverainisme populiste apparu après la crise de 2008 et amplifié depuis 2016. Le scrutin hongrois, marqué par une participation record de 77 % et la victoire de Peter Magyar avec les deux tiers des sièges, a servi de signal d’alarme aux droites européennes. RN, AfD, Vox ou Reform UK cherchent désormais à prendre leurs distances avec Washington, Trump étant devenu impopulaire et électoralement coûteux, notamment à cause de la hausse des prix de l’énergie liée au conflit iranien et de sa rupture avec le pape, sensible pour des électorats catholiques.Le mouvement dépasse le simple calcul tactique. Une partie de la droite européenne, des conservateurs aux nationalistes, remet en avant l’idée d’autonomie stratégique. En Hongrie, 85 % des électeurs de Tisza souhaitaient un changement dans les relations avec les Etats-Unis. Giorgia Meloni a refusé l’usage d’une base sicilienne pour des missions contre l’Iran et a dénoncé les attaques de Trump contre le pape. En Allemagne, l’AfD a appelé à restreindre les liens avec Washington et certains de ses dirigeants veulent le départ des 38 000 soldats américains basés dans le pays. Au Royaume-Uni, Nigel Farage minimise désormais sa proximité avec Trump à l’approche des élections locales, alors que l’« effet Trump » pèse sur Reform UK.Le reflux touche aussi d’autres régions. Aux Etats-Unis, d’anciens soutiens comme Tucker Carlson, Candace Owens ou Megyn Kelly dénoncent la guerre en Iran ou expriment des regrets. Un sondage NBC News ne donne plus que 37 % d’opinions favorables à Trump dans l’ensemble de la population, et seulement un tiers des Américains approuvent sa ligne sur l’Iran. Au Japon, la ligne très conciliante de Sanae Takaichi envers Trump est critiquée jusque dans la droite nationaliste. En Inde, Narendra Modi encaisse humiliations diplomatiques, pression sur le pétrole russe et droits de douane de 50 %. En Amérique latine, où l’affichage pro-Trump avait d’abord aidé plusieurs candidats, des signes de retournement apparaissent déjà du Pérou à la Colombie, tandis qu’au Brésil Flavio Bolsonaro ne devance Lula que de 42 % à 40 % dans les sondages....
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