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Ebola. Une crise de gouvernance mondiale [[periodique]] / Mouttasem Albarodi

  • Ebola. Une crise de gouvernance mondiale [[periodique]] / Mouttasem Albarodi
  • 04/06/26
  • pp.10-12
  • 1154-516X
  • 3
  • Dans l'est de la République démocratique du Congo, où l'épidémie s'est étendue à l'Ouganda, la 17e flambée d'Ebola depuis 1976 a été élevée au rang d'urgence de santé publique internationale. Le foyer est parti d'une infirmière de Bunia tombée malade fin avril, puis s'est diffusé après le transfert du corps d'un patient à Mongbwalu pour des funérailles traditionnelles, avant de gagner des zones situées à des centaines de kilomètres et de franchir la frontière. Les coupes américaines dans l'aide humanitaire, le démantèlement de l'USAID et l'arrêt du réseau de surveillance frontalier financé par Washington ont affaibli la détection précoce de l'épidémie, tout comme la suppression des équipes chargées du suivi des chauves-souris, réservoirs du virus.La réponse sanitaire est d'autant plus difficile que l'épidémie est causée par l'espèce Bundibugyo, pour laquelle il n'existe ni vaccin homologué ni essai clinique en cours, contrairement à l'espèce Zaïre, seule des trois principales espèces d'orthoébolavirus à disposer d'un vaccin commercialisé. Les progrès des dernières années restent pourtant nets : 8 des 17 épidémies recensées dans la région sur les cinq dernières années n'ont représenté que moins de 4 % des décès liés aux orthoébolavirus, et la vaccination en anneau a déjà démontré une efficacité de 100 % contre une autre espèce avant de permettre d'éteindre une épidémie en RDC en trois mois après plus de 45 000 vaccinations. Mais le financement reste réactif et insuffisant : près de la moitié des fonds consacrés à Ebola et Marburg entre 1997 et 2015 ont été débloqués au moment de la grande épidémie ouest-africaine de 2014-2016, qui avait fait plus de 11 000 morts.Sur le terrain, l'insécurité, la méfiance envers les autorités, les attaques contre les structures de soins et les déplacements de population compliquent l'isolement des malades et le suivi des cas contacts. Près de 250 décès suspects et plus de 900 cas suspects ont été recensés. À Mongbwalu, des tentes d'isolement de Médecins sans frontières ont été incendiées dans la nuit du 23 mai, 18 cas suspects auraient fui, puis 7 autres ont disparu le lendemain. L'Ituri compte près de 970 000 déplacés. L'OMS mise désormais sur des antiviraux, des anticorps monoclonaux, un vaccin potentiel disponible sous six à neuf mois et un traitement préventif postexposition de dix jours, tandis que cinq guérisons ont déjà été annoncées à Bunia....
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