Article
Danemark, mon royaume sans lettres ni facteurs (Le) [[periodique]] / Anna Juul
Titre(s)
- Danemark, mon royaume sans lettres ni facteurs (Le) [[periodique]] / Anna Juul
Ensemble
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 19/03/26
Description matérielle
- pp.42-45
ISSN
- 1154-516X
Note sur la description matérielle
- 4
Résumé ou extrait
- Anna Juul part de la disparition du courrier physique au Danemark pour interroger ce que le pays perd dans sa course au tout-numérique. PostNord a distribué sa dernière lettre le 30 décembre 2025, les bureaux de poste ont disparu et les boîtes rouges ont été retirées des rues. Cette fin du service universel s’explique par l’effondrement des volumes : 1,45 milliard de lettres envoyées en 2000 contre 110 millions en 2024. L’autrice rappelle que PostNord, détenu à 60 % par la Suède et à 40 % par le Danemark, a cessé d’assurer une activité devenue peu rentable.Au-delà de la nostalgie, l’article décrit un pays extrêmement numérisé mais vulnérable. Les autorités, qui ont longtemps rendu la vie sans smartphone presque impossible, recommandent désormais de conserver des espèces en cas de sabotage d’infrastructures ou de conflit. Entre 20 et 25 % des Danois sont pourtant en difficulté face à la centaine de systèmes publics numériques. La boîte aux lettres numérique est obligatoire, sous peine de sanction, et peut entraîner des pertes concrètes : un homme a ainsi laissé à l’État environ 6 000 couronnes d’indemnités de vacances parce qu’il n’avait pas réclamé la somme à temps, alors que 12,5 % du salaire sont prélevés à cette fin.Juul multiplie les exemples de dysfonctionnements : une plateforme de santé qui exige 20 minutes de documentation pour 10 minutes de consultation, un système de fiscalité immobilière capable de surestimer un bien de 44 millions de couronnes ou de faire porter à une habitante la charge de 12 parcelles voisines. PostNord, recentré sur les colis, est jugé très peu fiable, et DAO, qui a repris le courrier, connaît déjà des retards massifs. Envoyer une lettre est devenu coûteux : 23 couronnes au Danemark, 210 avec suivi, 46 vers l’étranger.L’autrice admet qu’elle n’envoie presque plus de lettres et apprécie les commodités du numérique, mais elle défend la valeur du format épistolaire pour exprimer les sentiments avec précision. La disparition des lettres lui apparaît finalement comme le symptôme d’un monde où les mots se dévaluent, où les abréviations dominent, et où un pays entier pourrait se retrouver paralysé par une panne d’électricité ou d’Internet....
Sujet - Nom commun
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