Article
Face aux drones russes, l'école de la survie [[periodique]] / Clara Marchaud
Titre(s)
- Face aux drones russes, l'école de la survie [[periodique]] / Clara Marchaud
Ensemble
- Express (L') 3901
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 09/04/26
Description matérielle
- pp.20-21
ISSN
- 0014-5270
Note sur la description matérielle
- 2
Résumé ou extrait
- Près de Kiev, une vingtaine de journalistes participent à une formation antidrones organisée dans un centre d'entraînement militaire par la fondation 2402, ONG créée en février 2022 par deux reporters ukrainiens. D'abord mobilisée pour fournir des gilets pare-balles aux journalistes envoyés sur le front, elle a ensuite adapté les stages de sécurité conçus par des militaires britanniques dans les années 1990 à la réalité de la guerre en Ukraine. Le long de la ligne de front, des milliers de drones, souvent fabriqués pour quelques centaines de dollars, ont créé une « kill zone » de 20 à 25 kilomètres où tout mouvement peut être ciblé, y compris celui des reporters. En octobre 2025, le photojournaliste français Antoni Lallican a été tué à une vingtaine de kilomètres du front, puis un drone a frappé Kramatorsk et tué les journalistes ukrainiens Olena Hramova et Yevhen Karmazin. Selon l'armée ukrainienne, la part des pertes imputables aux drones est passée de moins de 10 % en 2022 à près de 80 % l'an dernier.La formation commence par les gestes de secours : stopper une hémorragie massive en moins de 3 minutes et évacuer un blessé sur des centaines de mètres dans la forêt avec un gilet pare-balles de 15 kilos. Les instructeurs présentent ensuite les appareils les plus utilisés. Le DJI Mavic, doté d'une caméra haute définition et d'un zoom puissant, peut repérer une cible jusqu'à 3 kilomètres et se stabilise à une cinquantaine de mètres d'altitude pour larguer grenades ou munitions imprimées en 3D. Le drone FPV, plus meurtrier, peut parcourir jusqu'à 30 kilomètres, emporter plusieurs kilos d'explosifs et fondre sur sa cible à 140 km/h ; il peut aussi agir de nuit avec une caméra thermique, plus coûteuse.Les journalistes apprennent à rouler fenêtres ouvertes, sans ceinture et sans musique, à porter des vêtements neutres et à privilégier les journées venteuses et nuageuses. Dans la « kill zone », ils n'ont qu'une dizaine de secondes pour réagir : rejoindre un abri solide ou un fossé et courir en zigzag en changeant de direction tous les 7 à 10 mètres. Deux détecteurs capables de repérer des drones dans un rayon de 5 kilomètres sont testés, mais ils ne détectent pas les modèles reliés par fibre optique. Après des heures d'exercices prolongés jusqu'à la nuit, les participants se disent mieux préparés face à une menace durable qui transforme le travail de terrain....
Sujet - Nom commun
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