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Mission impossible de Kaja Kallas (La) [[periodique]] / Isabelle Ory

  • Mission impossible de Kaja Kallas (La) [[periodique]] / Isabelle Ory
  • Express (L') 3909
  • 04/06/26
  • pp.14-16
  • 0014-5270
  • 3
  • Dix-huit mois après son arrivée comme haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et vice-présidente de la Commission, Kaja Kallas peine à imposer son autorité à Bruxelles. D'abord saluée pour avoir alerté très tôt sur la menace russe lorsqu'elle dirigeait l'Estonie, elle se heurte désormais aux contraintes structurelles de la diplomatie européenne : toute décision commune exige l'unanimité des 27 Etats membres, les diplomaties nationales défendent jalousement leurs prérogatives et la Commission d'Ursula von der Leyen cherche elle aussi à occuper le devant de la scène internationale. Ses détracteurs lui reprochent un style interne jugé raide, une compréhension incomplète des équilibres bruxellois et l'incapacité à enrayer les départs ou la démotivation de plusieurs responsables du service diplomatique européen, dont la secrétaire générale qui doit partir en septembre.Son camp met toutefois en avant plusieurs résultats concrets : des avancées contre la flotte fantôme russe, un plan négocié pour faire entrer l'aide humanitaire à Gaza et l'inscription des Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes. L'article insiste surtout sur la faiblesse structurelle du Service européen d'action extérieure, créé en 2011, qui emploie plus de 4 000 fonctionnaires et dispose de 145 délégations dans le monde, mais reste jugé trop peu influent pour coordonner réellement la politique étrangère de l'UE.Kallas se retrouve ainsi prise entre les Etats membres et la Commission, sans les réseaux politiques dont bénéficiaient certains de ses prédécesseurs. Paris redoute même que le service diplomatique soit un jour ravalé au rang de simple direction générale. Quelques évolutions récentes lui redonnent néanmoins une marge de manœuvre : en Hongrie, le nouveau gouvernement a mis fin à l'obstruction systématique de Budapest, et la ligne hostile de Donald Trump resserre les rangs européens. Plus offensive dans ses dernières prises de parole, Kaja Kallas tente désormais de reprendre l'initiative, notamment face à Moscou et à Washington....
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