Article
Qui se ressemble s'assemble ? [[periodique]] / Alexandra Pihen
Titre(s)
- Qui se ressemble s'assemble ? [[periodique]] / Alexandra Pihen
Ensemble
- Epsiloon 58
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 01/04/26
Description matérielle
- pp.74-79
ISSN
- 2800-4736
Note sur la description matérielle
- 5
Résumé ou extrait
- Les recherches sur les couples montrent de façon de plus en plus robuste que les partenaires se ressemblent sur de nombreux traits, bien au-delà des intuitions populaires. Des méta-analyses à l’échelle mondiale relèvent des corrélations pour l’âge, le niveau d’éducation, les opinions politiques et religieuses, l’intelligence, certains traits de personnalité, la consommation d’alcool et de tabac, le lieu de naissance, la taille, le poids, le port de lunettes ou encore la quantité d’eau bue. Les couples homosexuels suivent globalement la même logique que les couples hétérosexuels, à l’exception notamment du nombre d’enfants et des années de naissance, davantage corrélés chez les couples hétérosexuels.Une vaste étude publiée en août 2025, couvrant 90 ans de données en Suède, au Danemark et à Taïwan, montre aussi que les partenaires présentent plus souvent les mêmes troubles psychiatriques, comme la schizophrénie, le TDAH, les troubles du spectre autistique, la dépression majeure, les troubles bipolaires, anxieux, obsessionnels compulsifs, liés à l’usage de substances ou encore l’anorexie mentale. Ces régularités, observées d’une culture à l’autre et d’une génération à l’autre, suggèrent des mécanismes profonds et stables.L’article examine ensuite ce qui produit ces ressemblances : choix initial d’un partenaire similaire, influence du milieu social, ou convergence progressive au fil de la vie commune. Les outils de la génétique permettent d’isoler certains cas d’appariement sélectif. La taille semble relever au moins en partie d’un choix initial, tandis que le poids ne montre pas de preuve génétique équivalente malgré une corrélation entre conjoints. Les traits cognitifs, comme le quotient intellectuel et surtout le niveau d’études, sont fortement concernés.En France, les données montrent un fort appariement sur l’éducation entre 2004 et 2011, avec un coefficient de corrélation supérieur à 0,6 sur 1, et 4 couples sur 10 appartenant au même groupe social selon l’Insee en 2021-2022. Une étude norvégienne menée sur 1 545 444 individus issus de 212 070 familles indique toutefois que cette homogamie scolaire reflète surtout un milieu familial et social partagé plus qu’un seul trait héréditaire comme l’intelligence. L’ensemble pourrait renforcer les inégalités sociales et créer des formes d’isolement génétique. La convergence au fil du temps reste plausible, mais elle est encore difficile à démontrer rigoureusement chez l’humain....
Sujet - Nom commun
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