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Parag Khanna : " Le monde ne sera dominé ni par la Chine ni par les États-Unis " [[periodique]] / Alix L'Hospital
Titre(s)
- Parag Khanna : " Le monde ne sera dominé ni par la Chine ni par les États-Unis " [[periodique]] / Alix L'Hospital
Ensemble
- Express (L') 3908
Auteur(s)
Editeur, producteur
- 28/05/26
Description matérielle
- pp.36-38
ISSN
- 0014-5270
Note sur la description matérielle
- 3
Résumé ou extrait
- Parag Khanna conteste l'idée d'un XXIe siècle durablement structuré par un duopole entre Washington et Pékin. Il rappelle d'abord la force des Etats-Unis dans l'hémisphère américain, où le Canada dépend encore de son voisin pour 85 % de ses exportations et où l'administration Trump a pesé sur plusieurs équilibres en Amérique latine, du Venezuela au canal de Panama, en passant par des accords sur les minerais avec l'Argentine, le Chili et le Mexique. Mais cette puissance n'est pas, selon lui, hégémonique dans les espaces les plus stratégiques de la planète : les Etats-Unis ne peuvent pas empêcher l'Iran de bloquer le détroit d'Ormuz, tandis que l'Europe cherche à renforcer son autonomie en matière de défense et de souveraineté technologique. La Chine, de son côté, ne domine pas l'Asie, que Khanna décrit comme multipolaire : l'Inde, la Russie, le Kazakhstan, le Vietnam, les Philippines et l'Indonésie lui opposent des formes de résistance. Il estime aussi que toute tentative de monopole sur les ressources ou les technologies finit par susciter une riposte du reste du monde. Il prend l'exemple de l'Opep, puissante dans les années 1970, mais affaiblie sur le long terme au point que les Etats-Unis produisent aujourd'hui plus de pétrole que tous ses membres réunis. De même, les restrictions chinoises sur certaines exportations et les blocages américains sur les semi-conducteurs accélèrent la diversification des chaînes d'approvisionnement et la recherche d'alternatives. Khanna interprète cette situation comme un moment « néomédiéval », comparable à un monde d'il y a mille ans, organisé autour de centres de pouvoir multiples. Les Etats restent essentiels, mais ils coexistent avec des villes et hubs comme Singapour ou Dubaï. Le système international devient plus fragmenté, avec 51 Etats à la fondation de l'ONU en 1945 contre 200 aujourd'hui. Même durant la guerre froide, 77 pays non alignés refusaient la logique binaire. Pour lui, l'ordre mondial ressemble donc moins à une bipolarité stable qu'à un ensemble d'empires concurrents, au nombre d'au moins cinq : l'Amérique, la Chine, l'Union européenne, la Russie et l'Inde....
Sujet - Nom de personne
Sujet - Nom commun
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