Monographie

Le sublime du "lieu commun" : l'invention rhétorique dans l'Antiquité et à la Renaissance

  • Le sublime du "lieu commun" : l'invention rhétorique dans l'Antiquité et à la Renaissance
  • Paris : H. Champion, 1996
  • 1 vol. (785 p.) : couv. ill.; 24 cm
  • Bibliothèque littéraire de la Renaissance Série 2; 32 1155-5475
  • 978-2-85203-563-8
  • Bibliothèque littéraire de la Renaissance Série 2; 32 1155-5475
  • 808.031
  • Texte remanié de : Thèse d'Etat : Littérature française : Paris 12 : 1993. - Bibliogr. p. [735]-751. Notes bibliogr. Index
  • 1ère Partie. MOVERE OU LE LIEU COMMUN SELON LE DE INVENTIONE. 2ème Partie. CONCILIARE OU QUESTIONS DE STRATEGIE (LE DE ORATORE). - 3ème Partie. "DOCERE" OU QUESTIONS D'ECONOMIE (ERASME ET MELANCHTHON). - Conclusion générale : LA TOPIQUE RESTREINTE DES LIEUX TOUT COURT
  • Le XVIe siècle voit coexister pour "lieu commun" deux sens très distincts, qui révèlent deux conceptions antagonistes de la rhétorique. En les étudiant ensemble, on mesure mieux les enjeux considérables qui se cachent derrière le moindre détail technique. Le premier sens est celui de la tradition antique. Le lieu commun y est ce moment du discours où l'on s'élève au-dessus du cas particulier pour en appeler aux grands principes. C'est proprement le Sublime : grands principes, grand public, grandes émotions ou "movere". Son abondance oratoire ou "copia" n'est pas un ornement gratuit, mais la puissance d'un incendie ravageur, contre-feu à la crise qui met l'Etat en danger. Dans cette vision démosthénienne ou cicéronienne, la rhétorique a une parenté essentielle avec la politique. Le second sens est une invention du XVIe siècle. Livre ou manuscrit, un recueil de lieux communs est une sorte de fichier de citations, classées par rubriques ou "lieux". Les grands principes sont maintenant vus comme des vérités doctrinales, à extraire et à remployer pour construire solidement de nouveaux discours. Bien classer, bien penser, bien enseigner ou "docere". C'est une véritable méthode d'étude et d'écriture, pratiquée dans toute l'Europe, de Mélanchthon à Montaigne. Mais le fond en est une conception plutôt théologique. et la politique y est pensée en termes de Vérité. Car de la guerre entre ces deux conceptions, l'enjeu n'est autre que le rapport au sacré. [4e de couv.]
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