Monographie

Ephémérides de quatre années tragiques : 1940-1944 / Pierre Limagne [Texte imprimé]

  • Texte
  • Volume
  • Ephémérides de quatre années tragiques : 1940-1944 / Pierre Limagne [Texte imprimé]
  • De Bordeaux à Bir-Hakeim 1
  • De Stalingrad à Messine 2
  • Les assauts contre la forteresse Europe 3
  • Du 14 juillet 1944 à l'arrêt des hostilités 4
  • Paris : Bonne Presse, 1945
  • 4 vol. (2461 p.) ; 26 cm
  • Ancienne cote : VI-4°515
  • Index.
  • Journaliste catholique antimunichois, Pierre Limagne est démobilisé le 16 juillet 1940. Il regagne aussitôt Limoges où son quotidien La Croix s’est replié. Vite censuré lui-même plusieurs fois, il fait face avec ses collègues aux menaces et pressions d’une censure vichyste souvent mesquine, voire grotesque. Ils rusent pour la contourner ou pour faire comprendre le caractère imposé de maints titres et articles. A l’en croire, le journal ne se saborde pas en 1940, uniquement par peur d’être repris par une équipe collaborationniste. Aidé d’autres rédacteurs, l’auteur couche chaque soir sur le papier les informations reçues tant bien que mal par le journal. Il les accompagne souvent de commentaires sarcastiques sur l'occupant et sur Vichy. Enfouies régulièrement par ses soins dans son Ardèche natale et exhumées à la Libération, ces milliers de notes prises au jour le jour sont ici livrées telles quelles. Elles relatent la multitude des événements politiques, diplomatiques et militaires en France comme dans le monde, la vie religieuse, les rumeurs, les réactions de l’opinion, et jusqu’à l’actualité intérieure des autres pays. Les consignes de la censure – 300 rien que dans les six premiers mois – sont reproduites en parallèle des nouvelles. Dans ce premier tome qui va de la défaite de la France à l’apogée de l’Axe fin juin 1942, Pierre Limagne note la montée de l’hostilité populaire envers les Allemands en Zone nord et déplore sans aménité l'égoïsme de la Zone sud, satisfaite de ne pas subir leur présence. Il rejette le nazisme inhumain et antichrétien, condamne les capitulations vichystes répétées face à l’Allemagne et au Japon, méprise ses confrères vendus de la presse parisienne collaborationniste. Il est d’emblée critique envers un régime de Vichy répressif et délateur. Peu d’hommes, d’institutions et de mesures intérieures du régime trouvent grâce à ses yeux. Il ne cède pas même au mythe Pétain, ambitieux sénile et sans coeur dont le prestige entretient les Français dans la confusion : "Ce qu’il y a de grave, chez nous, en ce moment, c’est la présence de Pétain au pouvoir" (203, 12 juillet 1941). Il constate d’ailleurs la baisse de popularité du Maréchal à partir de l’été 1941. S’il mentionne, ponctuellement, les lois antijuives, qui lui répugnent, ou la solidarité des Parisiens avec les porteurs d’étoile jaune, il semble tout ignorer des ghettos polonais et des premiers massacres de la "Solution finale". L'auteur évoque le "soulagement quasi-général" (192) mêlé de surprise qui accueille l’invasion de l’URSS, comme plus tard l'agression japonaise à Pearl Harbor. Tout fiasco italien, tout signe que l’avance allemande ou japonaise paraît se ralentir entretiennent son espoir de la défaite finale de l’Axe - espoir selon lui partagé par la masse des Français. [Source : EGO 39-45, résumé par Raphaël Spina]
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