Thèse

Relations entre soutien familial et santé psychique chez les militaires en opération extérieure

  • Relations entre soutien familial et santé psychique chez les militaires en opération extérieure
  • [Texte imprimé] : une étude prospective à partir du suivi de 125 militaires / Adeline Milla; sous la direction de Marion Trousselard
  • Relations entre soutien familial et santé psychique chez les militaires en opération extérieure
  • [S.l.] :
  • [s.n.], 2014
  • 1 vol. (105 f.)
  • : ill.; 30 cm
  • Version électronique disponible au format pdf
  • Bibliogr. f. 100-104
  • Thèse d'exercice Médecine 2014 Lyon 1
  • L'harmonie et le soutien de la famille sont des éléments essentiels pour le militaire projeté en Opération Extérieure (OpEx). Nous avons réalisé une étude sur le lien entre les psychopathologies des militaires au cours de l'OpEx et le soutien familial perçu. L'objectif principal était d'explorer de manière prospective l'impact du soutien familial sur la santé psychologique de 125 sujets projetés au Kosovo ou en Afghanistan d'octobre 2012 à mars 2013, à travers trois sessions de questionnaires (avant la mission, à la fin de la mission, et 3 mois après le retour) comprenant une évaluation du soutien familial et des questionnaires d'évaluation psychologique et psychopathologique. Concernant la période pré-déploiement, on constate moins de souffrance familiale chez les sujets en couple, les sujets plus anciens, et ceux projetés au Kosovo. L'anxiété vis-à-vis de la famille prime sur l'anxiété de la mission à venir. 11,3% de sujets vivent un conflit grave dans leur couple ou une séparation avant le départ. A la fin de la mission, 92.8% des sujets déclarent qu'ils ont eu des contacts réguliers avec leurs proches, principalement par téléphone. La survenue de problèmes financiers pendant la mission est associée avec une augmentation significative du score d'anxiété pathologique (1,75 vs -0,03, p=0,05), et la survenue de problèmes comportementaux des enfants est associée avec une aggravation des scores sur l'échelle PCL-S (2,63 vs -3,13, p=0,03) et sur l'échelle Hamilton-dépression (0,94 vs -0,51, p=0,05). Trois mois après le retour, 9,2% des sujets déclarent une séparation depuis la fin de la mission. Il n'y a pas de différence significative sur les psychopathologies entre sujets en couple et célibataires tout au long de la mission. On constate une proportion importante de psychopathologies parmi les sujets au long de la mission (entre 8,8% et 9,2% d'ESPT entre le début de la mission et 3 mois après le retour, de 37,1% à 42,5o/o d'états anxieux, et de 13% à 17,2% d'états dépressifs). Cette étude montre l'intérêt d'une attention supplémentaire à porter par le médecin des forces aux difficultés familiales des militaires du début à la fin de la mission, ainsi qu'au dépistage des psychopathologies avant, pendant et au retour d'OpEx