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Jean-Marc Jancovici : " Nous avons eu le nucléaire honteux " [[periodique]] / Anne Rosencher

  • Jean-Marc Jancovici : " Nous avons eu le nucléaire honteux " [[periodique]] / Anne Rosencher
  • Express (L') 3899
  • 26/03/26
  • pp.40-43
  • 0014-5270
  • 4
  • Le retour en grâce du nucléaire en Europe est présenté comme une conséquence directe de la guerre en Ukraine : en deux à trois ans, les opinions favorables auraient gagné 15 à 20 points, et près d’un Allemand sur deux soutient désormais la construction de nouveaux réacteurs. Jean-Marc Jancovici juge la programmation pluriannuelle de l’énergie française, publiée avec deux ans et demi de retard et fixée jusqu’en 2036, trop courte par rapport aux vrais temps de l’énergie : 50 à 100 ans pour un système électrique, 20 à 50 ans pour un parc de voitures ou de chaudières. Il estime que la France a subi 20 à 30 ans de « nucléaire honteux », empêchant le renouvellement progressif du parc, et défend un système fondé sur le nucléaire et l’hydraulique, complété par des renouvelables utiles car rapides à installer mais difficiles à piloter et à stocker d’une saison à l’autre. Il soutient que l’enjeu central n’est pas le prix de l’énergie mais sa disponibilité physique, alors que 25 % des exportations mondiales de pétrole transitent par le détroit d’Ormuz et que la dépendance au pétrole importé rend l’Europe vulnérable. Il critique la négligence politique sur l’énergie depuis les chocs pétroliers et relie cette faiblesse aux tensions économiques et sociales. Sur le climat, il distingue les véritables climatosceptiques, qu’il évalue à moins de 10 %, d’un ensemble plus large de citoyens hostiles aux solutions proposées ; il rappelle qu’un sondage binaire peut déjà faire apparaître 25 % de réponses climatosceptiques. Il avertit qu’un réchauffement d’environ 1,5 °C est quasiment atteint, que la fonte du Groenland est engagée pour des siècles ou des millénaires, que le niveau des océans pourrait monter de quelques mètres et qu’à 2 °C, 90 % des glaciers des Alpes disparaîtraient à terme. Enfin, il lie la montée des populismes et la difficulté à boucler les fins de mois à l’arrêt de la croissance réelle européenne autour de 2007 et à la contraction de l’économie physique, visible notamment dans la baisse du volume de marchandises chargées dans les camions....
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