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Combattant de la dialectique (Le) [[periodique]] / Alexandre Lacroix

  • Combattant de la dialectique (Le) [[periodique]] / Alexandre Lacroix
  • 01/05/26
  • pp.38-43
  • 1951-1787
  • 6
  • Ancien étudiant en philosophie passionné par Proclus et Hegel, Luc bifurque à 22 ans au milieu d'un stage de 6 mois à Philosophie magazine pour rejoindre le 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. Il passera ensuite 8 ans dans l'armée de terre avant d'intégrer le SGDSN, administration chargée d'assister le Premier ministre sur les enjeux de défense. Son parcours s'explique par une attirance pour la dialectique et pour l'idée hégélienne selon laquelle l'épreuve et le négatif peuvent conduire à une forme supérieure d'affirmation.Luc raconte comment cette disposition idéaliste s'est traduite dans le monde militaire. Après deux stages de préparation militaire, l'un d'1 semaine et l'autre d'1 mois, il découvre la rudesse de la caserne sans s'en détourner. Il se définit comme un « romantique qui a vu la lumière », profil capable d'un volontarisme extrême, mais aussi exposé au sacrifice et au décalage avec la logique du commandement.L'article suit ensuite ses missions. Après les attentats du Bataclan, il participe à l'opération Sentinelle à la frontière belge et comprend le « coût de l'état de droit » : sous commandement militaire, les barrages deviennent infranchissables, mais cette efficacité n'est pas adaptée au maintien de l'ordre ordinaire. Aux Émirats arabes unis, il endure une phase d'attente et d'entraînement intense, marquée par une marche de 7 kilomètres par 50 °C avec 8 litres d'eau en partant à midi, exercice où 1 tiers des militaires abandonne.Au Liban, comme chef d'équipe héliportée, il surveille la frontière avec Israël et observe une guerre larvée, faite de provocations, de représailles et de caches d'armes dissimulées derrière de fausses ONG. Au Niger puis au Sahel, dans le cadre du soutien français au président Mohamed Bazoum, il affronte un ennemi insaisissable, capable de se fondre parmi les civils. L'expérience de la frappe de drones, dont les corps ennemis brûlent pendant 3 jours, puis de combats au sol, l'amène à douter d'une lecture simple du Bien contre le Mal. Face à la misère extrême et aux ressorts de l'engagement djihadiste, il se demande si l'histoire n'est pas avant tout un rapport de forces. Désormais, au SGDSN, il travaille sur la résilience : au lieu de revenir à un état antérieur après une crise, il s'agit de transformer la destruction en passage vers un état meilleur, selon une logique proche de la synthèse dialectique....
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