Mémoire

Faut-il achever Clausewitz ? / Capitaine de corvette Pierre Dulac ; sous la direction du Colonel Hervé Pierre ; Ecole de guerre, promotion 25, 2017-2018

  • Texte
  • cr
  • Faut-il achever Clausewitz ? / Capitaine de corvette Pierre Dulac ; sous la direction du Colonel Hervé Pierre ; Ecole de guerre, promotion 25, 2017-2018
  • 2018
  • 1 vol. (102 pages) ; 30 cm
  • 355.001
  • Bibliographie pages 101-102
  • Mémoire de fin d'études Défense 2018 Paris, Ecole de guerre
  • Le projet initial de Carl Von Clausewitz consistait à saisir l’essence de la guerre afin d’en isoler les invariants dégagés de toute contingence. Les principes qu’il a exhibés constituent avec le traité intitulé De la guerre un paradigme de la pensée stratégique, un véritable bréviaire pour les chefs militaires même s’il a été et reste toujours très commenté, encensé ou vilipendé. En outre, par son ampleur et la démarche philosophique portée par Clausewitz, De la guerre s’est imposé en tant que classique intemporel de la philosophie politique. Mais il y a de cela dix années, René Girard publiait Achever Clausewitz. Dans cette exégèse inégalée de De la guerre, Girard en décryptait le sens caché à l’aune de sa propre réflexion. Derrière la pensée stratégique clausewitzienne sourd une vision apocalyptique : avec la modernité, la violence mimétique se déchaîne jusqu’à une fatale montée aux extrêmes. En prétendant achever Clausewitz, Girard parachevait par la même occasion son œuvre propre. De fait, Clausewitz achevait Girard en retour, ironiquement comme par l’entremise d’une pure relation mimétique. Ainsi De la guerre se révèle-t-il en oracle pour le lecteur attentif, et Clausewitz se fait l’accoucheur de réflexions primordiales. En définitive, si De la guerre peut et doit être questionné, sa pertinence renouvelée s’énonce avec acuité. A partir des concepts retenus par la lecture girardienne (trinité, action réciproque, montée aux extrêmes), ainsi que grâce à l’approche clausewitzienne de l’incertitude, nous avons tenté de montrer qu’il était possible de comprendre le monde depuis son origine. Et surtout, le système explicatif mis en place énonce la marche actuelle du monde vers l’abîme, annoncée par Clausewitz puis reprise et scandée par Girard. Cette crainte qui s’incarne aujourd’hui dans les périls contemporains dont nous tentons de montrer, à l’ombre de nos maîtres, l’origine, la logique mais peut être aussi le funeste aboutissement.
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