Article
Ce que la ménopause coûte aux femmes [[périodique] ]
Titre(s)
- Ce que la ménopause coûte aux femmes [[périodique] ]
Ensemble
Editeur, producteur
- 01/02/26
Description matérielle
- pp.44-45
ISSN
- 0247-3739
Note sur la description matérielle
- 2
Résumé ou extrait
- La ménopause, définie comme l'arrêt des règles pendant douze mois autour de 50 ans, s'accompagne de symptômes variés (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, douleurs articulaires, dépression, problèmes de mémoire) qui peuvent débuter plusieurs années avant. Malgré la hausse de la participation des femmes de plus de 55 ans au marché du travail et le recul de l'âge de départ à la retraite, ses impacts économiques restent peu étudiés, contrairement à ceux de la maternité. Une étude menée par Gabriella Conti, Rita Ginja, Petra Persson et Barton Willage, publiée en mars 2024, s'appuie sur les données administratives norvégiennes et suédoises pour analyser les conséquences économiques de la ménopause. En comparant des femmes diagnostiquées entre 45 et 55 ans à celles diagnostiquées plus tard, l'étude montre que la ménopause entraîne une hausse des consultations médicales et de l'utilisation de traitements pour soulager les symptômes, ainsi que des pertes économiques durables. Les revenus des femmes diminuent en moyenne de 4,3 % au cours des quatre années suivant le diagnostic de ménopause, en raison d'une baisse du taux d'emploi et/ou du nombre d'heures travaillées. Après quatre ans, la perte atteint 10 %. Cette pénalité s'ajoute à celles déjà subies par les femmes, comme la maternité, la charge de l'aidance et le plafond de verre renforcé par l'âgisme. à titre de comparaison, en France, le Conseil d'analyse économique a calculé que les femmes voient leurs revenus diminuer de près de 38 % dans les dix années suivant la naissance de leur premier enfant. Les effets négatifs de la ménopause sur les revenus sont concentrés chez les femmes sans diplôme de l'enseignement supérieur, car celles ayant fait des études longues recourent davantage aux traitements atténuant les symptômes. Les traitements hormonaux de substitution (THS) jouent un rôle protecteur contre ces conséquences économiques. En Suède, la diffusion en 2018 d'une émission télévisée sur la ménopause et ses traitements a entraîné une hausse des recherches Internet, des consultations, des diagnostics et des prescriptions de THS. Les femmes diagnostiquées dans cette période ont vu leurs revenus augmenter de 10 % en moyenne au cours des trois années suivantes par rapport à celles diagnostiquées les années précédentes, avec un effet plus marqué chez les femmes peu diplômées. En France, seules 2,5 % des femmes de plus de 45 ans ont acheté au moins une fois un traitement hormonal de substitution. La Haute Autorité de santé doit actualiser ses recommandations sur la prise en charge de la ménopause en 2026. Pour l'instant, le gouvernement a commandé une étude à France Stratégie et intégré la ménopause aux thématiques de la visite médicale de milieu de carrière, sans mesures concrètes supplémentaires.
Sujet - Nom commun
- Femmes -- Santé et hygiène -- Coût
- Ménopause -- Thérapeutique
- Soins médicaux -- Coût
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