Monographie

Romain Gary

  • Romain Gary
  • Paris : Europe, DL 2014
  • 1 vol. (380 p.) : ill., couv. ill. ; 21 cm
  • Revue europe 1022-1023 0014-2751
  • 978-2-35150-065-1
  • Revue europe 1022-1023 0014-2751
  • 843
  • Notes bibliogr.
  • Romain Gary ou la joyeuse angoisse de vivre / Maxime DECOUT et Julien ROUMETTE. - Un provocateur généreux / Roger GRENIER. - Un brio d'existence extraordinaire / Yves AGID. - Styles tardifs / Paul PAVLOWITCH. - Règlements de compte avec un double / Julien ROUMETTE. - Idéalisme, idéomanie et engagement : La farce idéaliste / Jean-Marie CATONNÉ. - L'existentialisme dissident de Romain Gary / Maxime DECOUT. - La guerre en miroir. Romain Gary et James Jones / Julien ROUMETTE. - Des Compagnons de la Libération aux Justes parmi les Nations / Kerwin SPIRE. - Clair de femmes : La promesse de Lady L. / Ruth DIVER. - Kitsch à l'anglaise / Hélène BATY-DELALANDE. - Nina, Mina, Malwina, Rosa / Anny DAYAN ROSENMAN. - Une œuvre d'imagination : Les voies du merveilleux dans l'œuvre de Romain Gary / Nicolas GELAS. - Un rêve de bonheur / Firyel ABDELJAOUAD. - Dans les coulisses de l'écriture : Le carnaval des noms / Yves BAUDELLE. - « Dieu ait son cul ». Le style de Momo-Rosa / Stéphane CHAUDIER. - « C'était bien moi, cette absence de moi-même. » / Claude BURGELIN. - Le tour de la citation / Jean-François HANGOUëT. - Trois fois sur le métier / Benoît DESMARAIS. - Romain Gary en panne de rideau / Geneviève ROLAND. - Inspirations hollywoodiennes / Carine PERREUR. - Gary et la filiation humanitariste / Lou MOURLAN. - Une actualité inépuisable : 99 notes de bas de page / Hervé LE TELLIER. - Une révélation tardive / Enrique VILA-MATAS. - Une chambre d'échos sans fin / Nancy HUSTON
  • Romain Gary fait figure de marginal dans la littérature française. Cultivant le mythe de l’affranchi et du saltimbanque, sans frères de plume, sans compagnons de route, il est pourtant resté une figure marquante de notre littérature, au-delà même de l’extraordinaire « Affaire Ajar ». Lisant Gary, on ne peut oublier qu’il est un enfant de l’exil, dont le destin originel a été déterminé par la violence de l’Histoire ; que sa vie s’est terminée par une balle dans la tête (cette balle, on l’entend siffler dans ses textes) ; qu’il a risqué sa peau dans les combats aériens de la guerre avec une rare intrépidité, par goût de l’aventure peut-être, mais aussi par éthique de l’exigence : au fil des pages se profilent la mort vue de trop près, la plongée de l’avion qui aurait pu ou dû tomber et s’écraser (et cette maîtrise dans le looping inspire ses meilleures pages). On n’oublie pas non plus que sa vie aurait pu s’achever à Auschwitz. On est assailli, le lisant, par l’image du seigneur de la guerre autant que par celle du rescapé des massacreurs. Le tragique du siècle est là, à chaque instant. Et aussi l’énergie et le sens de la dérision nécessaire pour mettre en lambeaux la tunique de Nessus que pourrait représenter telle ou telle de ces images. On aime en Gary sa radicalité comique, ce qu’il doit à la grande tradition déracinante de l’humour juif, ses angles de tir inattendus, ses formules en coups de fouet, sa façon souveraine de manier l’ironie, son art de jouer avec postures et impostures, de se dédoubler, de se multiplier, de faire le ventriloque, d’être résolument « pour Sganarelle » On aime son côté passe-muraille, passe-frontière des genres, des normes, des goûts. Il est vrai aussi que certains de ses livres paraissent lourds, peinant à maintenir une ligne d’envol. En même temps, l’époque ne se trompe pas en en faisant une des figures littéraires majeures d’hier — et d’aujourd’hui ? Un jugement bien balancé sur Gary risque fort de passer à côté de l’écrivain qu’il fut. Et il y a de l’impudence à venir chipoter ou ergoter sur l’œuvre de quelqu’un qui a pris de tels risques : les risques vitaux, mais aussi celui de ne pas se conformer aux réquisits littéraires de son temps, de se placer hors-jeu. [4e de couv.]
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