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Ursula von der Leyen, présidente sans limites [[periodique]] / Marion Van Renterghem

  • Ursula von der Leyen, présidente sans limites [[periodique]] / Marion Van Renterghem
  • Express (L') 3907
  • 21/05/26
  • pp.16-20
  • 0014-5270
  • 5
  • Ursula von der Leyen a donné à la présidence de la Commission européenne une dimension géopolitique sans précédent, portée par l'enchaînement des crises depuis 2019. Arrivée avec l'ambition du Green Deal et de la neutralité carbone en 2050, elle a vu son mandat basculer avec la pandémie de mars 2020, puis avec l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. Achats centralisés de vaccins, dette commune, sanctions contre Moscou, soutien militaire à Kiev et rupture énergétique ont renforcé sa visibilité jusqu'à faire d'elle l'un des principaux visages de l'Union européenne.Cette montée en puissance s'est cependant accompagnée d'accusations récurrentes de dépassement de mandat. L'article souligne que la Commission n'est pas compétente en politique étrangère et de défense, domaine relevant des Etats, du Conseil européen et du Haut représentant. Ursula von der Leyen est ainsi critiquée pour avoir brouillé les lignes institutionnelles, notamment par ses prises de position sur Israël après le 7 octobre 2023, ses appels aux capitales du Golfe ou sa manière de s'exposer dans les grands dossiers internationaux.L'accord de Turnberry du 27 juillet 2025 avec Donald Trump illustre cette ambiguïté. Mandatée pour éviter une crise commerciale, elle accepte des droits de douane de 15 % sur la plupart des produits européens afin d'échapper à une surtaxe de 30 %. Mais l'accord est vite fragilisé lorsque Trump relève ensuite unilatéralement de 15 % à 25 % les droits sur l'automobile. Autre épisode marquant : le "sofagate" d'Ankara en avril 2021, qui a mis en lumière à la fois le sexisme du protocole turc et la rivalité entre Conseil et Commission sur la représentation extérieure de l'UE.Ses soutiens voient en elle la dirigeante qui a adapté l'Union à un monde redevenu brutal et stratégique. Ses critiques dénoncent au contraire une pratique verticale, solitaire et opaque du pouvoir, un entourage resserré autour de Björn Seibert, le refus de communiquer les SMS échangés avec Albert Bourla de Pfizer et une dépendance renforcée au PPE depuis sa réélection de 2024 à une faible majorité. Nommée en 2019 grâce à un compromis franco-allemand, elle incarne au final les ambiguïtés d'une Union qui veut parler puissance sans avoir encore clarifié qui parle vraiment en son nom....
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