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Méthode « bulldozer » de Péter Magyar (La) [[periodique]] / Corentin Pennarguear

  • Méthode « bulldozer » de Péter Magyar (La) [[periodique]] / Corentin Pennarguear
  • Express (L') 3906
  • 13/05/26
  • pp.14-17
  • 0014-5270
  • 4
  • Avec sa victoire du 12 avril 2026 et sa majorité des deux tiers au Parlement, Péter Magyar, 45 ans, dispose d'une marge de manœuvre exceptionnelle pour refonder le système politique hongrois. Ancien du Fidesz devenu chef de Tisza, il a mené une campagne entièrement sur le terrain, jusqu'à sept meetings par jour, afin d'éviter les attaques de la machine médiatique pro-Orban. Dès le lendemain du scrutin, il a marqué sa rupture avec l'ère précédente en tenant une conférence de presse de trois heures, un exercice devenu inédit pour les journalistes hongrois depuis plus de quinze ans. Son objectif affiché est de restaurer l'État de droit, de combattre la corruption et la propagande d'État, et de rompre la soumission de Budapest à la Russie. Après la défaite, Viktor Orban, resté seize ans d'affilée au pouvoir, reconnaît la fin d'une ère, tandis que Magyar exige des démissions dans les principales institutions avant le 31 mai pour accélérer la transition. L'urgence est aussi européenne et budgétaire : près de 20 milliards d'euros de fonds gelés par Bruxelles depuis 2022, soit 10 % du PIB hongrois, doivent être débloqués rapidement alors qu'une partie des crédits post-Covid expire dès l'été. Sans cet argent, les promesses sociales et les investissements dans les hôpitaux, les routes, les voies ferrées et les rénovations énergétiques seraient compromis. En s'inspirant du précédent polonais de Donald Tusk, le nouveau Premier ministre veut agir vite tout en cherchant à rassurer sur le risque d'une nouvelle concentration du pouvoir, notamment par sa promesse de limiter à deux mandats la fonction de Premier ministre....
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