Thèse

La dissuasion en débat / Yannick Pincé ; sous la direction de Frédéric Bozo : les partis politiques et la fabrique du "consensus" nucléaire français, des années 1970 aux années 1980

  • Texte
  • sans médiation
  • Volume
  • La dissuasion en débat / Yannick Pincé ; sous la direction de Frédéric Bozo : les partis politiques et la fabrique du "consensus" nucléaire français, des années 1970 aux années 1980
  • 2022
  • 1 vol. (767 pages) ; 30 cm : ill., graph., tabl.
  • Deterrence in debate : political parties and the making of the French nuclear "consensus" from the 14970s to the 1980s eng
  • 358.390 944
  • Ecole(s) Doctorale(s) : École doctorale des mondes anglophones, germanophones, indiens, iraniens et études européennes
  • Partenaire(s) de recherche : Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation), Équipe de recherche Intégration et coopération dans l'espace européen (Paris) (Laboratoire)
  • Autre(s) contribution(s) : Béatrice Heuser (Présidente du jury) ; Frédéric Bozo, Jolyon Howorth, Christine Manigand, Renaud Meltz (Membre(s) du jury)
  • Sources et bibliographie pages 687-747. Index
  • Reproduction de Thèse de doctorat Histoire contemporaine Sorbonne Paris Cité 2022
  • L’entrée dans l’ère atomique en 1945 ouvre pour la France et tous les détenteurs futurs de la bombe d’intenses débats sur l’élaboration individuelle ou globale de stratégies nucléaires visant à garantir la paix et protéger le monde d’un cataclysme éventuel et sans retour. Sur le demi-siècle qui a suivi la Seconde guerre mondiale, la recherche constante d’un consensus, particulièrement en France, s’élabore au rythme des vicissitudes politiques internes et internationales. Elle est caractérisée par des références constantes à de Gaulle, père révéré de la force de frappe et défenseur de l’indépendance nationale. Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, leurs ministres de la Défense et des Affaires étrangères respectifs ainsi que les différents partis politiques, y contribuent de manière plus intensive dans les années 1970 et 1980. SS20, bombes à neutrons, euromissiles, sous-marins nucléaires, autant d’armes et de projets d’armements que les experts militaires conçoivent et développent, au temps des manifestations pacifistes, de l’alignement sur l’URSS, de l’atlantisme proaméricain et de l’approfondissement de la construction européenne. A l’analyse attentive des débats de l’Assemblée nationale, des tribunes journalistiques, à l’écoute des conseillers des présidents en la matière, à la lecture révélatrice de leurs souvenirs et réflexions, on découvre l’imbrication étroite et subtile des choix géopolitiques des dirigeants français et européens, particulièrement allemands, mais aussi leurs calculs électoraux immédiats, leur pragmatisme en construction. IDS, EUREKA, double décision, bataille de l’avant, autant de concepts qui font l’objet de débats animés entre les forces qui se succèdent au pouvoir, révélant par eux-mêmes la terrible responsabilité du détenteur du bouton nucléaire. Au final, une quinzaine d’années de dilemme entre le pouvoir défensif et offensif de l’atome, la découverte sans fin de ses volets militaires, industriels, diplomatiques et surtout financiers. Chacun, parti politique, décideur et citoyen développe sa vision spécifique de la défense, de la nécessité ou pas du nucléaire militaire et sa conception particulière de son utilité. La fusion de ces débats permet-elle de statuer, à la fin des années 1980, sur un consensus propre à la France à propos de la force de frappe et de la doctrine stratégique ?
  • The entry into the atomic age in 1945 opened up intense debates for France and all future holders of the bomb on the individual or global elaboration of nuclear strategies aimed at securing peace and protecting the world from a possible cataclysm without return. Over the half-century following the Second World War, the constant search for a consensus, particularly in France, was developed in line with the internal and international political vicissitudes. It is characterised by constant references to de Gaulle, revered father of the strike force and defender of national independence. Valery Giscard d’Estaing, François Mitterrand, and their respective Ministers of Defence and Foreign Affairs, as well as the various political parties, contributed to it more intensively in the 1970s and 1980s. SS20, neutron bombs, Euromissiles, nuclear submarines, so many weapons and armament projects that military experts conceived and developed, at a time of pacifist demonstrations, alignment with the USSR, pro-American Atlanticism and the deepening of European construction. A careful analysis of the debates in the National Assembly, of the journalistic tribunes, listening to the presidents’ advisors on the subject, and the revealing reading of their memories and reflections, unveils the close and subtle interweaving of the geopolitical choices of the French and European leaders, particularly the Germans, but also their immediate electoral calculations and their pragmatism under construction. SDI, EUREKA, dual-track decision, forward battle, so many concepts that are the subject of lively debates between the forces that succeed one another in power, revealing by themselves the terrible responsibility of the holder of the nuclear button. In the end, fifteen years of dilemma between the defensive and offensive power of the atom, the endless discovery of its military, industrial, diplomatic and especially financial aspects. Each political party, decision-maker and citizen develops his or her own vision of defence, of the necessity or not of an atomic deterrence and its own conception of its usefulness. Does the fusion of these debates allow us to rule, at the end of the 1980s, on a consensus specific to France concerning the strike force and the strategic doctrine?
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