Monographie

De la Santé des gens de lettres

  • De la Santé des gens de lettres
  • Amsterdam, Lausanne : F. Grasset, 1768
  • Paris : P.F. Didot le jeune, 1768
  • 246 p. ; in 12 ̊
  • XVIII ème siècle
  • Trad. du latin par l'auteur lui-même de : "Sermo... de valetudine litteratorum"
  • Qu'il y a loin de cette douce situation à celle de l'homme voué sans réserve à la culture des lettres ou des sciences ! Le monde absorbe ses journées, l'étude réclame ses nuits ; les plaisirs sont pour lui des récréations fugitives auxquelles il s'abandonne avec une ardeur qui hâte l'instant de sa destruction, ou qu'il fuit avec une sorte d'aversion, pour se plonger dans la solitude où l'attendent des angoisses inexprimables. En lui tout est subordonné à la pensée ; à peine trouve-t-il le temps de satisfaire aux besoins les plus impérieux. A mesure qu'il fortifie son jugement, qu'il pnrichit son imagination, qu'il étend le cercle de ses connaissances, ilperdl'ap, pétit et le sommeil ; ses membres s1affaiblissent, et ses sens s'émoussent ; il éprouve des douleurs d'abord vagues etpassagères,puis fixes et permanentes; sa taille se courbe, et sa marche devient chancelante; les excrétions se suppriment ou se ralentissent; enfin il meurt avant de vieillir, ou, plus malheureux encore, son existence se prolonge à travers mille souffrances, des infirmités précoces et une vieillesse anticipée. Pascal, le Tasse et Rousseau se sont acquis des noms immortels, mais ils les ont payés au prix des maux les plus cruels, pendant une partie de leur vie.
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