Monographie

Le coup d'Etat permanent

  • Le coup d'Etat permanent
  • Paris : René Julliard, 1984
  • 978-2-260-00378-6
  • 320.920
  • Dans ce livre, Mitterrand dénonce la pratique du pouvoir personnel par le général de Gaulle. Il ne se contente pas de critiquer la lettre de la Constitution : il reproche plutôt au général de Gaulle d'avoir trahi la promesse de 1958, selon laquelle le président est un arbitre. Selon Mitterrand, le chef de l'État est devenu tout-puissant : il montre la faiblesse du gouvernement et du Parlement, marginalisés par le président de la République. Dès 1949, Mitterrand s'inquiète de la création du RPF, qu'il juge trop au service exclusif de la personne de De Gaulle. Aussi, lors des débats au terme desquels l'Assemblée nationale lui confie la rédaction d'une nouvelle Constitution, Mitterrand exprime son opposition, puis il appelle à voter non lors du référendum du 28 septembre 19581. Si, en 1958, il connaît sa seule défaite aux élections législatives, son opposition au référendum de 1962 paie enfin, puisqu'il retrouve son siège de député de la Nièvre1. François Mitterrand insiste aussi sur les abus en matière de justice et de police, le gaullisme devenant « de Gaulle plus la police »2,1. Il dénonce par exemple l'utilisation de provocateurs, la multiplication des bavures et brutalités policières, les officines en tous genres (comme le SAC et les réseaux Foccart), les tribunaux d'exception (Haut Tribunal militaire, remplacé par une Cour militaire de justice puis par la Cour de sûreté de l'État, cette dernière ayant été supprimée dès l'été 1981 par la gauche), le mépris du Conseil constitutionnel et du Conseil d'État, ou encore le recours abusif au délit d'offense au chef de l'État.
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