Article

Dans la fabrique européenne des sanctions contre Moscou [[periodique]] / Elsa Trujillo

  • Dans la fabrique européenne des sanctions contre Moscou [[periodique]] / Elsa Trujillo
  • Express (L') 3908
  • 28/05/26
  • pp.24-25
  • 0014-5270
  • 2
  • Depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, l'Union européenne a sanctionné environ 2 600 personnalités et entités jugées proches du Kremlin, en gelant leurs avoirs et en leur interdisant l'accès au territoire européen. L'article détaille le fonctionnement, à la fois complexe et opaque, de cette liste noire. Le cas du patriarche Kirill illustre les arbitrages politiques qui l'entourent : bien qu'il remplisse les critères, il avait été retiré de la liste en juin 2022 sous la pression de Viktor Orban, avant de redevenir une cible potentielle après le changement de gouvernement hongrois. Fin avril 2026, un 20e paquet de sanctions a été adopté à l'unanimité après la levée des vetos de la Hongrie et de la Slovaquie. Les noms proposés proviennent des Etats membres et du service européen pour l'action extérieure, puis sont examinés juridiquement avant validation par les Vingt-Sept. Les recours restent difficiles : moins d'une centaine de contestations ont été engagées, alors que la liste est renouvelée tous les six mois et que les désinscriptions définitives sont exceptionnelles. Seule une trentaine d'agents, au sein du service européen pour l'action extérieure et du service juridique du Conseil, travaillent à l'harmonisation de ces dossiers. La France fait partie des Etats les plus actifs, avec une task force d'une dizaine de rédacteurs au Quai d'Orsay. Pour résister à d'éventuels recours devant la CJUE, les dossiers doivent s'appuyer sur des preuves issues de sources ouvertes, comme des articles, publications Instagram ou tweets, comme dans le cas d'Adrien Bocquet, ajouté à la liste en mars....
Lien copié.
Build V.5.2.2 - 2ecb916194 (29/04/2026 07:35:08)