Thèse

Évaluation des connaissances, attitudes et pratiques vis-à-vis du Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) chez les personnels soignants du Service de Santé des Armées (SSA) / Chiara Aicardi ; [sous la direction de : Pr Ficko Cécile]

  • Texte
  • sans médiation
  • Volume
  • Évaluation des connaissances, attitudes et pratiques vis-à-vis du Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) chez les personnels soignants du Service de Santé des Armées (SSA) / Chiara Aicardi ; [sous la direction de : Pr Ficko Cécile]
  • 2026
  • 1 volume (69-29 feuillets) : illustrations ; 30 cm
  • Bibliographie feuillets 1-5 (45 références)
  • Thèse d'exercice Médecine Université Paris-Saclay 2026
  • Introduction : Les traitements antirétroviraux ont considérablement transformé le pronostic de l’infection par le VIH et réduit le risque de transmission en cas de charge virale contrôlée. Dans un contexte de mise à jour récente des normes d’aptitude militaire pour les personnes vivant avecle VIH (PVVIH) en contrôle virologique, l’objectif était de décrire les connaissances, perceptions et pratiques déclarées de soignants militaires vis-à-vis du VIH. Matériel et méthodes : Étude transversale, descriptive et observationnelle conduite de novembre 2024 à janvier 2025, via un questionnaire anonyme. L’évaluation portait sur les connaissances générales sur le VIH, les connaissances spécifiques (Indétectable=Intransmissible [I=I], Prophylaxie post-exposition [PPE]), la connaissance des normes d’aptitude, les perceptions, et d’un score de pratiques déclarées incluant l’adoption de mesures additionnelles aux précautions standard selon certaines situations. Analyses par régression linéaire (multivariée pour le score de connaissances, association connaissances-pratiques).Résultats : Au total, 479 réponses ont été analysées : 304/479 femmes (63,5%), âge moyen 36.8 ans, 215/479 médecins (44.9%) et 193/479 infirmiers (40,3%), 335/479 (70%) avaient plus de 10 ans d’exercice. Le score moyen de connaissances générales était de 9,35 ± 4,88/20. En multivarié, un score plus élevé était associé à la profession (p < 0,001), au sexe masculin (p = 0,017), à l’affectation outre-mer (p = 0,003) et à la durée d’exercice (<5 ans ou >15 ans, p = 0,006). L’exposition professionnelle au VIH était limitée : 392/479 (81,8 %) sans expérience d’exercice en service spécialisé, 401/479 (83,7 %) sans ou très rare prise en charge de PVVIH, 163/479 (34,0 %) ayant déjà reçu une formation spécifique. I=I et PPE étaient connus par 289/479 (60,3 %) et 313/479 (65,3 %) des répondants, 197/479 (41,1 %) déclaraient connaître l’évolution récente des normes d’aptitude. Une appréhension lors de gestes invasifs était rapportée par 298/479 (62,2 %). En contexte opérationnel, l’adoption de mesures additionnelles aux recommandations standard était rapportée selon les situations (21/479 [4,4 %] à 175/479 [36,5 %]). Le score de pratiques déclarées était de 6,70 ± 3,34/20 et était inversement associé au score de connaissances (B = −0,21 ; IC95 % [−0,27 ; −0,16] ; p<0,001 ; R²=0,10). Un besoin de formation continue était exprimé par 367/479 (76,7 %). Les réponses suggérant des représentations négatives étaient peu fréquentes. Conclusion : Dans cette enquête, malgré l’évolution favorable des normes d’aptitude et des réponses rarement stigmatisantes, les soignants militaires rapportaient une faible exposition professionnelle au VIH, associée à des pratiques déclarées de mesures additionnelles (lors de gestes invasifs et en contexte opérationnel), en cohérence avec les données européennes récentes (ECDC 2025). La diffusion des nouvelles normes et le renforcement de la formation continue sont indispensables.
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