Monographie

Derrière les barbelés de Nuremberg / Guy Deschaumes

  • Texte
  • Derrière les barbelés de Nuremberg / Guy Deschaumes
  • Paris : Flammarion, 1942
  • 220 p. ; 18 cm
  • La lecture occupe aussi une place de choix. Les ouvrages sont empruntés ou loués à la maigre bibliothèque. Des journaux de propagande vichyste sont diffusés (ainsi le « Trait-d'Union »), et le courrier est distribué (critique de la lenteur des services postaux du camp). Les derniers chapitres sont consacrés à la nostalgie de la vie en France et au « cafard » (notamment lorsque l'auteur tombe malade et part dans un hôpital). De manière générale, la réflexion est emprunte de pétainisme et de nationalisme, mêlés de spiritualité. L'auteur dénonce l'individualisme et le comportement des Français. Ces derniers ont « pêché » et les prisonniers, privés de liberté, sont là pour racheter leurs fautes. Après un passage plus bref à l'Oflag XII B de Mayence, l'auteur semble avoir été rapatrié. [Source : résumé de Delphine Leneveu, EGO 39-45]
  • Officier dans l'Armée française, ce père de famille catholique et breton consigne de nombreuses notes durant sa captivité à l'Oflag XIII D de Nuremberg, puis à l'Oflag XII B de Mayence. Son but est de « brosser un tableau authentique de [sa] vie quotidienne qui serait pour les [siens] et pour [lui]-même un souvenir durable et précieux » (avertissement au lecteur). Organisé de façon thématique, le récit offre une large place au quotidien du prisonnier, le tout accompagné de réflexions diverses sur la condition humaine et le « bon usage de la captivité ». Le style est soutenu et souvent métaphorique, avec une propension à l'humour. Les cinq premiers chapitres se concentrent sur l'environnement de l'auteur et sur celui de ses compagnons d'infortune. Arrivé au camp de Nuremberg, il décrit le block (son « lieu d'apaisement », chapitre IV), expliquant que, paradoxalement, toutes les baraques sont semblables mais que chacune à son identité du fait des photos, peintures et objets qui agrémentent le lieu. Le relatif confort de la baraque est lié à la solidarité entre les hommes. Les officiers ne travaillant pas dans les kommandos, ils doivent continuellement s'occuper pour combattre l'ennui, souvent évoqué. Les journées, rythmées par les deux appels au rassemblement, sont remplies par les tâches ménagères (vaisselle, lessive, balayage), les repas (le thème de la nourriture occupe deux chapitres), la vie spirituelle (messe), les divertissements (jeux, promenades, cabaret, théâtre, expositions de peintures, orchestre, enseignement, sport), ou encore par les discussions autour des bobards (souvent des nouvelles de libérations imminentes)
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