Thèse
L'exposition répétée au visionnage d’images de guerre : étude observationnelle rétrospective relative à l’impact sur la santé mentale d’opérateurs de drones de l’armée de l’Air et de l’Espace / Myriam Léon ; sous la direction de Marie-Dominique Colas
Type de contenu
- Texte
Type de médiation
- sans médiation
Type de support
- Volume
Titre(s)
- L'exposition répétée au visionnage d’images de guerre : étude observationnelle rétrospective relative à l’impact sur la santé mentale d’opérateurs de drones de l’armée de l’Air et de l’Espace / Myriam Léon ; sous la direction de Marie-Dominique Colas
Auteur(s)
Autre(s) auteur(s)
Production
- 2022
Description matérielle
- 1 vol. (140 f.) : tabl., graph. ; 30 cm
Note sur les bibliographies et les index
- Bibliogr. f. 128-135
Note de thèses et écrits académiques
- Thèse d'exercice Médecine. Psychiatrie Université de Paris (2019-....) 2022
Résumé ou extrait
- Les opérateurs de drones armés de l’armée de l’Air et de l’Espace sont confrontés au visionnage répété d’images violentes. Les répercussions potentielles sur la santé mentale sont à évaluer pour garantir un soutien psychologique adapté aux besoins. Etat des lieux : d’après les données de la littérature internationale, la prévalence du trouble de stress post-traumatique (TSPT) serait plus faible chez les opérateurs de drones (entre 5 et 10 %) que chez les combattants sur le terrain où elle peut atteindre près de 35 %. On retrouve des manifestations psychiques polymorphes souvent en lien avec les contraintes spécifiques des cycles de travail posté, jour et nuit, dans l’univers d’une cabine de pilotage. Matériel et méthodes : nous avons construit une étude observationnelle rétrospective, analysant les dossiers médicaux informatisés de l’ensemble des 107 opérateurs de drones Reaper français depuis le début de leur affectation en escadron. Résultats : la population est composée à 90 % d’hommes, âgés en moyenne de 35,7 ans et ayant réalisé une moyenne de 5 opérations extérieures. Durant leur suivi par le médecin des forces, 45,7 % ont présenté au moins un symptôme psychique : principalement un usage à risque d’alcool (27 %), une perturbation du sommeil (17 %) ou un tableau anxieux (13 %). Un TSPT est retrouvé chez 3 % de l’effectif. Des difficultés avec le sens de la mission ou avec l’armement des drones (risque relatif - RR - de 11), le célibat géographique (RR de 11), une durée d’affectation supérieure à 2 ans (RR de 6) et la plainte « fatigue » (RR de 5) ont été statistiquement identifiés comme des facteurs de risque de symptômes psychiques. Discussion : les symptômes repérés ne s’inscrivent pas nécessairement dans un trouble psychique caractérisé et peuvent rester isolés, disparaître après un temps de pause opérationnelle. Dans un contexte d’engagement soutenu avec des actions de feu, il s’agit d’explorer ce qui a pu faire événement dans la trajectoire existentielle du sujet. En effet, les effets d’après-coup d’une éventuelle rencontre traumatique sont peu prévisibles et peuvent apparaître sous le masque de la fatigue opérationnelle, premier motif de consultation dans notre étude (35 %). Conclusion : toute consultation à l’antenne médicale soutenant l’escadron doit conduire à un repérage clinique des signes d’alerte de déstabilisation de l’équilibre psychique de ces aviateurs. Un bilan médico-psychologique avec un spécialiste de la santé mentale militaire au fait du milieu aéronautique est essentiel. Des recommandations peuvent être mises en perspective dans différents champs : la prévention primaire sur le plan des facteurs humains, le dépistage des manifestations de détresse psychique avec la proposition d’un guide d’entretien clinique et la prise en charge spécialisée coordonnée par le médecin des forces.
Sujet - Collectivité
Sujet - Nom commun
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