Monographie

CLAUDE SIMON - FRIEDERIKE MAYRöCKER : revue littéraire Europe

  • CLAUDE SIMON - FRIEDERIKE MAYRöCKER : revue littéraire Europe
  • Paris : Europe, 2015
  • 1 vol. 364 p. : couv. ill.; 21 cm
  • Revue europe 1033 0014-2751
  • Revue europe 1033 0014-2751
  • 848
  • Numéro de : Europe, revue littéraire mensuelle, mai 2015
  • Claude Simon (1913-2005), prix Nobel de littérature en 1985, est aujourd’hui considéré comme l’un des romanciers majeurs du XXe siècle.Bon nombre d’écrivains contemporains reconnaissent l’influence déterminante de son œuvre sur leur propre travail et ses lecteurs, quels qu’ils soient,rendent tous compte d’une expérience de lecture inédite. C’est que la phrase de Claude Simon ne peut laisser indifférent.Qu’elle s’étire démesurément, charrie des images et des mots « carrefours de sens », qu’elle ressasse, tâtonne, se suspende ou se relance,elle fait toujours forte impression. Entre hésitation et endurance,elle semble toujours se façonner à mesure que nous la lisons. L’œuvre de Claude Simon, du Tricheur en 1945 au Tramway en 2001,se nourrit avant tout de l’expérience d’un homme qui a parcouru un siècle mouvementé, qui s’est lui-même retrouvé sous le feu en mai 1940.Ses romans se font ainsi l’écho de la petite comme de la grande histoire,des deuils intimes — la disparition du père au combat en 1914, la lente agonie puis la mort de la mère, le suicide de l’épouse — comme des deuils collectifs — la faillite des grandes idéologies, celle de l’humanisme en particulier,dont les valeurs n’ont pu empêcher ni les deux guerres mondiales, ni Auschwitz, ni le Goulag. Simon cherche ainsi à rendre le chaos du monde, sa perception confuse et multiple et à les maintenir en mémoire, dans et par l’écriture. Aussi l’écrivain privilégie-t-il la description. L’usage de cette dernière traduit également, chez ce photographe averti qui, avant d’écrire, a d’abord voulu être peintre, son souci de composition et son désir de faire voir les images qui l’émeuvent : des scènes obsédantes, des paysages de la terre vue d’avion,de vieilles cartes postales, des affiches publicitaires, des œuvres d’art contemplées dans les musées... On trouve aussi chez Simon une prédilection pour le dialogue : celui fructueux que, dans chaque roman, il entretient avec les romans précédents, mais encore le dialogue qu’il instaure avec ses devanciers dans la voie d’une littérature descriptive — Dostoïevski, Conrad,Proust —, ou même avec ceux dont il veut se démarquer, leur reprochant d’avoir voulu démontrer, ordonner avant de montrer. Mais ne nous méprenons pas :s’ils sont à la fois autobiographiques et critiques, les romans de Claude Simon ne manquent jamais pour autant d’être parfaitement romanesques,pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. [4ème de couv.]
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