Monographie

Histoire d'Alexandre le Grand, tirée de Q. Curse et autres

  • Histoire d'Alexandre le Grand, tirée de Q. Curse et autres
  • Paris : Jean Camusat, 1639
  • 1012 p. : bandeaux,lettrines,culs de lampe g.s.b. ; rel. ; in 12 ̊
  • XVII ème siècle
  • Marque typ. au titre g.s.c. représentant Jason et devise:"Tegit et quos tangit inaurat".-Epistre au duc de Richelieu par le traducteur, préface, éloges de Quinte-Curce par Lesfargues, et de Richelieu par N. Borbonius
  • "[L']Histoire d'Alexandre, Historiae Alexandri Magni, se composait de dix livres. Les deux premiers sont perdus, et le récit ne commence donc qu'en 333 av. J.-C. Mais il nous mène, malgré quelques lacunes entre les livres 5 et 6 et dans le corps du livre 10, jusqu'à la mort du héros, et nous fait pressentir les problèmes que posera sa succession. Quinte-Curce semble s'être documenté avec soin, et sa vision du Macédonien fait place aux témoignages, parfois divergents, que laissèrent de lui ses compagnons et ses premiers historiens, Ptolémée, Clitarque, Onésicrite, Néarque - sans parler, bien entendu, des historiens grecs plus récents. Son oeuvre relèverait de la biographie plus que de l'histoire, si l'on ne prenait en compte l'importance considérable du règne d'Alexandre et son rôle de charnière dans l'histoire de l'Antiquité. Il est intéressant de comparer le récit de Quinte-Curce à celui du Grec Arrien, qu'il surclasse à l'occasion.On ajoutera que l'histoire d'Alexandre était un de ces exempla sur lesquels avait réfléchi toute une tradition de moralistes, de théoriciens de la politique et de philosophes de l'histoire. Alexandre n'était-il qu'un conquérant, un prédateur, un tyran ? Sa conquête, au contraire, fut-elle l'instrument d'une prodigieuse expansion de la culture ? était-il un surhomme, avait-il mérité d'être divinisé ? Les jugements variaient, jusque dans les écoles des rhéteurs, et, de là, quelque chose devait déteindre sur la manière dont on appréciait l'Empire de Rome. Déjà Pompée, puis César, Antoine, et même Octave avaient songé à marcher sur les traces d'Alexandre : d'une certaine façon, Quinte-Curce écrivait l'histoire d'un rêve romain." H. Zehnacker & J.-Cl. Fredouille, Littérature latine, Paris, PUF, 1993, p. 230-231."S'il y a un intérêt durable dans son ouvrage, il est dans la finesse, dans la pénétration de l'analyse psychologique. Quinte-Curce a compris ces deux choses : d'abord, que l'âme d'un grand homme placé dans des circonstances extraordinaires est curieuse à voir vivre ; ensuite, que cette âme ne reste pas jusqu'au bout identique à elle-même, qu'elle évolue. Partant de ce double principe, il a su tracer une histoire morale d'Alexandre bien plus intéressante que son histoire militaire. L'idée qui y préside est indiquée dès le commencement, non pas au sujet d'Alexandre, mais à propos de Darius : il avait, dit l'auteur, un caractère doux et souple ; mais la fortune détruit souvent l'oeuvre de la nature (Erat Dario mite ingenium, nisi etiam naturam plerumque fortuna corrumperet)." R. Pichon, Histoire de la littérature latine, 3e éd., Paris, Hachette, 1903, p. 472-480
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