Thèse en ligne
Accès aux soins en cancérologie ORL dans le monde / Victorine Maso ; sous la direction de Nicolas Fakhry
Type de contenu
- Texte
Type de médiation
- b
Type de support
- Ressource dématérialisée
Titre(s)
- Accès aux soins en cancérologie ORL dans le monde / Victorine Maso ; sous la direction de Nicolas Fakhry
Auteur(s)
Autre(s) auteur(s)
Production
- 2024
Note(s)
- Présentée sous la forme d'une thèse-article
Note de thèses et écrits académiques
- Thèse d'exercice Médecine. Oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervico-faciale Aix-Marseille 2024
- Mémoire de DES Médecine. Oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervico-faciale Aix-Marseille 2024
Résumé ou extrait
- Contexte. Les cancers de la tête et du cou représentent un défi majeur de santé publique. Cependant, les modalités de prise en charge des cancers de la tête et du cou dans le monde sont très hétérogènes. Il n’existe pas de recommandation internationale claire et adaptée aux spécificités de chaque zone géographique. Objectif. Évaluer les pratiques mondiales des ORL dans la prise en charge des patients atteints de cancers de la tête et du cou. Conception. Nous avons réalisé une enquête en ligne envoyée aux ORL du monde entier par l'intermédiaire de la fédération mondiale d’ORL (IFOS) entre février 2024 et mars 2024. Matériel et méthode. Les aspects suivants ont été évalués : caractéristiques personnelles, modalités diagnostiques, traitements, prise en charge globale, spécificités culturelles et cas cliniques. Nous avons comparé les résultats entre les zones géographiques suivantes : Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud et centrale, Asie, Afrique, Océanie, Moyen-Orient/Afrique du Nord. Résultats. Au total, 566 ORL de 101 pays et 457 centres différents ont participé à l'étude. Nos résultats mettaient en évidence la grande diversité des pratiques de prise en charge au sein de la communauté mondiale des ORL. Seulement 27,2% des ORL déclaraient suivre des recommandations locales. Cette répartition était significativement différente selon les zones géographiques (p=0,048). La proportion d'ORL suivant les recommandations internationales était significativement plus faible parmi les répondants Américains (46,2%) par rapport au reste du monde (78,2% ; p<0,001). L'utilisation des tests de dépistage du HPV ou de la surexpression de la protéine p16 différait significativement d'une région à l'autre, avec une utilisation plus faible en Afrique (41,7%) et au Moyen-Orient/Afrique du Nord (57,1%) par rapport au reste du monde (91,4% ; p<0,001). L'expression de PD-L1 avec quantification du score CPS était fréquemment utilisée en Europe (84,1%) et rarement utilisée en Afrique (4,2%) et au Moyen-Orient/Afrique du Nord (3,6% ; p<0,001). Au cours des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP), les répondants Européens (91,2%) et Océaniens (91,7%) discutaient systématiquement de tous les cas, tandis que les répondants d'Amérique Centrale et du Sud (49%), d'Asie (42,1%), d'Afrique (37,3%) et du Moyen-Orient/Afrique du Nord (33,6%) ne discutaient que des cas difficiles (p<0,001). Les répondants Européens (86,9%), Nord-Américains (80,8%), Centraux et Sud-Américains (75,6%) et Asiatiques (88,2%) utilisaient couramment la RCIM, contrairement aux répondants du Moyen-Orient/Afrique du Nord (61%), Africains (27,1%) et Océaniens (9,9%) (p<0,001). La majorité des ORL avaient accès à la chimiothérapie (89%), avec des différences significatives entre les zones géographiques (p<0,001). Indépendamment de la région, la moitié des répondants participaient à des essais cliniques en cours. Les ORL Africains accordaient plus d'importance au coût élevé (83,7%) comme cause potentielle aux difficultés d'accès aux soins de santé que les ORL des autres régions du monde (41,5% ; p<0,001). En ce qui concerne l'IRM et le 18F-FDG-PET/CT, la proportion d’ORL Africains (51,9% et 5,8%), d'Amérique centrale et du Sud (76% et 46%) et du Moyen-Orient/Afrique du Nord (81,4% et 41,6%) était significativement inférieure à celle du reste du monde (91,3% et 73,8% ; p<0,001). 30,7% des répondants déclaraient que les diététiciens ou les nutritionnistes étaient impliqués dans l'équipe pluridisciplinaire pour aider à la prise en charge nutritionnelle de tous leurs patients, 46,3% seulement en cas de malnutrition avérée, et 33% jamais.Conclusion. Au total, la prise en charge des cancers de la tête et du cou varie considérablement d'un continent à l'autre. Les recommandations internationales doivent tenir compte des spécificités économiques, culturelles et géographiques de chaque continent.
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