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Suiss. “On aurait déjà dû dire stop à 9 millions” [[periodique]] / Georg Humbel

  • Suiss. “On aurait déjà dû dire stop à 9 millions” [[periodique]] / Georg Humbel
  • 11/06/26
  • pp.10-11
  • 1154-516X
  • 2
  • À l’approche de la votation du 14 juin sur l’initiative populaire « Pas de Suisse à 10 millions », le reportage montre un paradoxe suisse : le soutien au plafonnement démographique est particulièrement fort dans des zones rurales peu denses et peu exposées à l’immigration. À Appenzell Rhodes-Intérieures, qui ne compte que 13 % d’étrangers, soit le taux le plus bas du pays, des habitants disent vouloir freiner l’arrivée de nouveaux venus, invoquant la difficulté à se loger, l’augmentation du trafic, les embouteillages et le sentiment d’une urbanisation croissante. À Unteriberg, bastion de l’UDC où le parti a obtenu 58 % des voix aux dernières législatives, plusieurs habitants dénoncent surtout les citadins et les étrangers qui s’installent à la campagne sans en accepter les usages.L’article souligne aussi que cette crispation a été renforcée par l’attaque au couteau de Winterthour du 28 mai, immédiatement exploitée par l’UDC dans sa campagne contre « l’immigration de masse incontrôlée ». Pourtant, dans d’autres communes comme Trub, le problème principal n’est pas l’afflux de population mais l’exode rural : ce village fait partie des 200 communes suisses ayant perdu beaucoup d’habitants, avec environ 250 personnes en moins en 30 ans. Un agriculteur retraité y rappelle qu’on est passé de 6 écoles à 2 et que les 9 épiceries ainsi que le bureau de poste ont disparu.Le politologue Michael Hermann explique que la perception de l’immigration dépend moins de la situation locale que du débat national : même là où il y a peu d’étrangers, les habitants se sentent sous pression lorsque le sujet domine l’actualité. Le contexte rappelle que l’initiative vise un plafond de 10 millions d’habitants d’ici 2050, alors que les sondages donnent le oui et le non au coude-à-coude. Ses partisans invoquent la saturation des infrastructures et des services publics ; ses opposants estiment que l’économie suisse a besoin de travailleurs étrangers, redoutent des pénuries de personnel dans les hôpitaux et les maisons de retraite, et dénoncent une rhétorique aux accents xénophobes....
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