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Cette crise qui n'en finit pas [article] / John Nichols; Christelle Gérand; Maxime Robin; Lori M. Wallach; Danièle Stewart; Judith Chetrit

  • Cette crise qui n'en finit pas [article] / John Nichols; Christelle Gérand; Maxime Robin; Lori M. Wallach; Danièle Stewart; Judith Chetrit
  • PP. 5-32
  • Cinq pour cent de chômage, 2,4 % de croissance, des prix du pétrole bas, une Bourse au plus haut : à première vue, l'économie américaine semble s'être remise de la grande récession de 2008. Pourtant, les inégalités sociales atteignent des niveaux record. Et, pour les migrants clandestins, les travailleurs pauvres, les victimes de l'incarcération d masse ou les résidents des anciennes villes industrielles, la crise reste une réalité bien tangible. Nous avons perdu Detroit. Nulle ville ne symbolise mieux que Detroit la grande récession qui s'est ouverte aux Etats-Unis en 2008 : déjà frappée par la désindustrialisation, la municipalité des finances publiques qui la conduit à la banqueroute en juillet 2013. Le gouvernement fédéral, se défaussant sur les élus locaux, n'a rien fait pour aider la capitale de l'automobile. Des puits de pétrole dans les jardins. La chute du prix du baril de brut entamée à l'été 2014 n'affecte pas seulement les multinationales de l'or noir et les pays producteurs. Aux Eatts-Unis, et en particulier au Texas, elle touche des centaines de milliers de particuliers qui possèdent des puits de pétrole dans leurs jardins et doivent composer avec cette période de vaches maigres. Quelle est votre cote de crédit ? Prospérer en temps de crise n'a rien d'impossible, comme le montrent les check cashers, ces prêteurs rapaces qui proposent des crédits de court terme à des intérêts très élevés. Dans les quartiers pauvres des grandes villes américaines, leurs boutiques ont peu à peu remplacé les banques. L'Alena générera plus d'emplois qu'il n'en détruira. Depuis le début de la campagne présidentielle, plusieurs candidats vantent, avec un certain succès, les vertus du protectionnisme, et même Mme Hillary Clinton, habituellement fervente partisane de la concurrence non faussée, s'est mise à douter des bienfaits du libre-échange. Peut-être que la bilan de l'Alena, ce marché commun institué en 1994 avec le canada et le Mexique, l'a incitée à la prudence... Qui profite des travailleuses immigrées ? Voleurs, violeurs, profiteurs : M. Donald trump ne cesser de dénigrer les étrangers, qu'il veut repousser en construisant un mur de béton à la frontière mexicaine. Dans la Californie des années 1990, la droite accusait déjà les immigrés de coûter trop cher aux Américains. Cette main-d'oeuvre était pourtant indispensable dans de nombreux secteurs. En Louisiane, le business des prisons. Avec leurs 2,2 millions de détenus, les Etats-Unis affichent le taux d'incarcération le plus élevé de la planète. Le secteur pénitentiaire, qui emploie plus de personnes que General Motors, Ford et Walmart réunis, y représente un enjeu économique considérable. Chicago en panne de logement social. Depuis 1995, les Etats-Unis perdent environ dix mille logements sociaux par an. A l'image de Chicago, la plupart des grandes villes se sont engagées dans des politiques de mixité sociale, dont le principal effet est de rempalcer les habitations publiques par des ensembles privés, reléguant les classes populaires toujours plus loin des centres-villes. La charité contre l'Etat. Selon la droite américaine, l'Etat n'est pas le levier le plus efficace pour combattre la pauvreté : les conservateurs préfèrent s'en remettre à la charité privée, une solution qui ermet de justifier des coupes dans les programmes d'aide sociale.
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