Monographie

Les as de la manivelle. Le métier d'opérateur de prise de vues cinématographiques en France (1895-1930)

  • Les as de la manivelle. Le métier d'opérateur de prise de vues cinématographiques en France (1895-1930)
  • : Association française de recherche sur l'histoire du cinéma, 1 DEC 2021
  • 460 p. : ill. en noir et blanc ; 24 cm
  • Histoire culturelle
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  • « Tourneurs de manivelle », « as de la manivelle », « tourneurs de moulins à café » : autant d’expressions qui renvoient au métier d’opérateur de prise de vues cinématographiques dont ce livre vise à retracer l’histoire inédite. Quelles furent les possibilités d’existence de ce métier ? De quelles tâches concrètes l’opérateur était-il responsable avant, pendant et après le tournage ? Comment ces tâches ont-elles évolué entre les premiers tours de manivelle demandés aux employés des frères Lumière et la généralisation du parlant ? Autant de questions dont s’empare cette étude. S’appuyant sur le dépouillement de nombreux fonds d’archives, de la presse spécialisée comme sur l’analyse de photographies de tournage et de films, l’autrice rend compte des réalités d’un métier essentiel au processus de création cinématographique. Gestes, pratiques et savoir-faire sont recontextualisés dans une histoire des techniques, dans une histoire des formes comme dans une histoire de l’organisation de la production des films. Cet ouvrage s’intéresse particulièrement au processus de professionnalisation des opérateurs : l’histoire des groupements professionnels et syndicaux, la mise en place des premières écoles ou encore les représentations de l’opérateur. C’est tout à la fois l’histoire d’un métier, d’une figure et celle d’un groupe qui, riche des trajectoires singulières des hommes qui le composent, est ici envisagé dans sa pluralité. Cet ouvrage est accompagné d’un DVD comprenant les films suivants : - Gendarme et cinématographe (1908), metteur en scène inconnu, France, noir et blanc et teinté, AFF-CNC Direction du Patrimoine - Les Débuts de Max au cinématographe (1910), Max Linder et Louis J. Gasnier. Musique composée par Emmanuel Birnbaum, Fondation Pathé - Magic City (circa 1910), actualité Gaumont, France, noir et blanc, document GP Archives – collection Gaumont - Gribouille redevient Boireau (1912), vue composée avec André Deed, France, noir et blanc. Musique composée par Emmanuel Birnbaum, Fondation Pathé - Le Carnaval de Nice (1913), documentaire Gaumont en trichromie, France, document GP Archives – collection Gaumont - Le Reportage cinématographique moderne : un incendie à Genève (1930), actualité de l’Office cinématographique de Lausanne (OCL), Suisse, noir et blanc, intertitres en français et en allemands, AFF-CNC Direction du Patrimoine – collection du département de la Charente - François Lallement, opérateur de Georges Méliès (diffusé le 18 février 1955 sur la première chaîne), entretien réalisé par Pierre Tchernia, ORTF, coll. « Écouter, voir », France, couleur, INA. Priska Morrissey est maîtresse de conférences en études cinématographiques à l’université Rennes 2, membre de l’unité de recherche Arts : Pratiques et Poétiques (EA3208) et chercheuse associée à l’UMR Thalim (CNRS, ENS, Paris 3). Elle a codirigé deux numéros spéciaux de 1895 revue d’histoire du cinéma, respectivement consacrés à l’histoire des métiers du cinéma en France avant 1945 (avec Laurent Le Forestier, 2011) et à l’histoire des procédés couleur avant la fin des années 1950 (avec Céline Ruivo, hiver 2013). (quatrième de couverture) Sommaire : Chapitre 1. Employés, photographes, opérateurs et cinématographistes. A. L’opérateur : celui qui manipule. B. D’une industrie à l’autre. C. L’opérateur et le catalogue. D. Un savoir-faire spécifique. Chapitre 2. La fabrique de l’opérateur de prise de vues (1908-1914). A. S’unir et se différencier : les opérateurs de prise de vues dans le sillage des projectionnistes. B. Des tribulations de Dutour de Manivel au Char de l’opérateur : la figure du preneur de vues. C. Les voyages, les actualités, le théâtre : les enjeux d’une spécialisation. Chapitre 3. Les photographes du film. A. L’opérateur en photographe : origines professionnelles, formation et conception du métier. B. Prendre des vues selon les « exigences de la cinématographie moderne ». C. L’art de l’éclairage au service du film: une nouvelle aire de compétences partagée. Chapitre 4. 1914-1918, se distinguer au front comme à l’arrière. A. Des opérateurs au front : du soldat distingué aux héros ou « planqués » de la manivelle. B. A l’arrière : un renouvellement de la cohorte et une reconnaissance inédite. Chapitre 5. Reconfiguration des conditions de travail après-guerre. A. Combien d’opérateurs pour quelle production cinématographique dans les années 1920 ? B. Employés permanents ou contractuels. C. Syndicat, associations et mutuelle du cinéma : quelle solidarité ? Chapitre 6. Corps mobiles et mobilisés. A. Franciliens et Maralpins en voyage. B. Outils et pratiques en extérieurs. C. De la mobilité des caméras et des opérateurs. Chapitre 7. A la peine comme à l’honneur. A. Responsabilités, signatures et hiérarchie des opérateurs au service d’un même film. B. Le « collaborateur immédiat » du metteur en scène. C. L’opérateur d’actualités, un reporter comme les autres ? Chapitre 8. Des techniciens hors pair pour l’industrie française. A. Des écoles privées à l’ETPC : les enjeux de la formation initiale. B. Le cinéma doit sortir de l’empirisme : comment former les opérateurs en activité ? C. Les opérateurs face aux défis techniques de la fin des années 1920.
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