Thèse

Etude de la prévalence et des déterminants de l'addiction à l'exercice physique chez les sapeurs-pompiers de Paris / Jean Lemarquand ; sous la direction du Docteur Valentin Vial

  • Texte
  • sans médiation
  • Volume
  • Etude de la prévalence et des déterminants de l'addiction à l'exercice physique chez les sapeurs-pompiers de Paris / Jean Lemarquand ; sous la direction du Docteur Valentin Vial
  • Etude de la prévalence et des déterminants de l'addiction à l'exercice physique chez les sapeurs-pompiers de Paris Jean Lemarquand 2024
  • 2024
  • 1 volume (74 f.) : figures dans le texte ; 30 cm
  • Bibliographie f. 68-73
  • Thèse d'exercice Médecine. Médecine générale Université Sorbonne Paris Nord Bobigny 2024
  • INTRODUCTION La population des sapeurs-pompiers de Paris, exposée à des exigences physiques et psychologiques élevées, semble à risque de développer une addiction à l’exercice physique. L’objectif de notre étude est donc d’évaluer la prévalence de cette addiction au sein de cette population ainsi que ses déterminants. MÉTHODE Notre étude s’inclut dans l'enquête DéCAMiL-BSPP menée en 2022 sur un échantillon de 1 048 sapeurs-pompiers de Paris. Il s’agit d’une étude quantitative basée sur l'Exercise Dependence Scale-Revised (EDS-R) et des questionnaires complémentaires (qualité de vie, stress post-traumatique, usage de compléments alimentaires) mais également qualitative avec 17 entretiens semi-directifs réalisés. RESULTATS Parmi les 1 015 sapeurs-pompiers inclus, 2 % sont classés comme dépendants à l’exercice physique, 18,6 % présentent des symptômes sans être dépendants, tandis que 79,4 % ne manifestent aucun signe de dépendance. La pratique sportive hebdomadaire moyenne est de 12 heures. Une analyse bivariée a identifié des corrélations entre l’utilisation de compléments alimentaires et des scores élevés dans plusieurs dimensions de l’EDS-R. Une analyse multivariée révèle comme facteurs de risque d’addiction à l’exercice physique : une symptomatologie anxieuse, qu’elle soit douteuse (OR=1,83 [1,23-2,71]) ou certaine (OR=2,22 [1,30-3,72]), un score ProQoL d'épuisement professionnel moyen ou élevé (OR=1,81 [1,29-2,55]) et le fait de ne pas avoir d’enfant (OR=1,59 [1,05-2,43]). Le fait de vivre en couple apparait comme un facteur protecteur (OR=0,62 [0,43-0,89]). DISCUSSION L'addiction à l'exercice physique concerne un pourcentage des sapeurs-pompiers de Paris comparable à celui de la population générale, malgré une exposition au sport significative. Le déterminant protecteur retrouvé (être en couple) n’explique pas complétement ce faible taux. Ainsi il existe probablement des comportements spécifiques et des facteurs protecteurs liés à leur profession. Nous retrouvons 59,9% de pompiers qui consomment régulièrement des compléments alimentaires et 32,5 % prêts à prendre des substances sous contrôle médical. Ces résultats soulignent également l’intérêt d’une éducation et d’une formation à la prise raisonnée de ces substances. CONCLUSION L’addiction à l’exercice physique n’est pas plus élevée chez les pompiers de Paris que dans la population générale. Cette étude originale ouvre un large champ de réflexions pratiques et de perspectives de recherches
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