Thèse

Paludisme grave d'importation chez l'enfant en France : étude nationale rétrospective de 1996 à 2005 / par Pierre Mornand ; directeur de thèse : Dr P. Imbert

  • Texte
  • sans médiation
  • Volume
  • Paludisme grave d'importation chez l'enfant en France : étude nationale rétrospective de 1996 à 2005 / par Pierre Mornand ; directeur de thèse : Dr P. Imbert
  • 2008
  • 1 vol. (175 f.) : ill. ; 30 cm
  • Severe imported malaria in children in France a national retrospective study from 1996 to 2005 eng
  • Bibliogr. f. 162-174
  • Thèse d'exercice Médecine. Pédiatrie Paris 6 2008
  • Les travaux consacrés au paludisme grave pédiatrique d’importation sont rares et peu informatifs. Nous avons voulu, dans une étude nationale rétrospective, en préciser les facteurs de survenue, rechercher les facteurs prédictifs de gravité et évaluer la pertinence des critères de gravité de l’OMS chez l’enfant voyageur. A partir de la base de données du Centre National de Référence du paludisme concernant les enfants âgés de 0 à 15 ans hospitalisés pour un paludisme à Plasmodium falciparum, de 1996 à 2005, nous avons d’abord recherché des facteurs associés à la survenue d’une forme grave. Puis nous avons étudié les dossiers de paludisme grave, défini selon les critères OMS 2000, dans les 12 hôpitaux ayant déclaré plus de 5 cas pendant la période étudiée. Pour ce travail, la pertinence des critères OMS 2000 et les facteurs prédictifs de gravité ont été évalués, en l’absence de décès, par le recours aux actes thérapeutiques majeurs (ATM) ou à un séjour en réanimation, en analyse univariée et multivariée ; le seuil de parasitémie associé à la gravité dans cette série a été recherché par la réalisation de courbes ROC. Parmi 4 150 enfants inclus, 3 299 avaient une forme simple et 851 avaient une forme grave. Les facteurs indépendants prédictifs de la survenue d’une forme grave étaient le jeune âge (OR allant de 1,4 chez les 5-9 ans, à 3,2 chez les moins de 2 ans, p<0,0001) et le séjour dans un pays du Sahel (p=0,0001). L’existence d’une infection mixte diminuait le risque de forme grave (p=0,02). Parmi les 421 cas graves étudiés dans les 12 hôpitaux les plus déclarants, le recours aux ATM étaient significativement plus fréquent en cas d‘âge < 2 ans (p=0,01), de séjour dans un pays du Sahel (p=0,002), de thrombopénie < 100 000/mm3 (p=0,04) et d’absence de chimioprophylaxie (p=0,03). Les critères OMS ayant les plus fortes valeurs prédictives de recours aux ATM étaient : l’anémie sévère, le coma, la prostration, les convulsions multiples et les troubles de conscience. Les variables associées au séjour en réanimation étaient le séjour dans un pays du Sahel (p=0,03), une thrombopénie < 100 000/mm3 (p=0,002) et l’absence de chimioprophylaxie (p=0,003). Les critères OMS ayant les plus fortes VPP de séjour en réanimation étaient la détresse respiratoire, le coma, la prostration et les convulsions multiples. Les pertinences pronostiques de l’acidose métabolique, de l’hyperlactatémie, du collapsus et de l’OAP, n’ont pu être évaluées du fait de leur présence uniquement chez des enfants ayant eu recours aux ATM ou hospitalisés en réanimation. En revanche, l’hyperparasitémie isolée ≥ 4 %, n’avait pas de valeur pronostique chez l’enfant voyageur. Mais l’hyperparasitémie isolée définie au seuil de 8 % était plus sensible pour repérer les enfants nécessitant une prise en charge intensive. Malgré son caractère rétrospectif, ce travail fournit des données importantes pour améliorer la connaissance du paludisme grave d’importation de l’enfant en France. Ces résultats doivent être confirmés par des études complémentaires prospectives.
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