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Ukraine. L'Écossais parti se battre pour les Russes [[periodique]] / Francisco Garcia

  • Ukraine. L'Écossais parti se battre pour les Russes [[periodique]] / Francisco Garcia
  • 02/04/26
  • pp.12-13
  • 1154-516X
  • 2
  • Jay Fraser, 23 ans, a quitté en 2024 une vie stable en Écosse pour rejoindre les rangs russes après une radicalisation idéologique nourrie par sa conversion à l'orthodoxie, son rejet d'un Occident qu'il jugeait corrompu et sa fascination pour la Russie. Ancien étudiant en génie chimique parti après un semestre, il avait décroché à 18 ans un apprentissage très convoité chez Tennent's, avec 2 places pour 2 000 candidats, avant de démissionner fin 2023 malgré le confort du poste. Après un premier voyage décevant à Moscou à l'hiver 2023, puis un retour en Russie au début de l'été 2024, il finit par être envoyé dans une unité d'artillerie, puis rejoint une société militaire privée plutôt que l'armée régulière.Sur le front, où il a passé 16 mois entre Donetsk, Bakhmout et Koursk, Fraser découvre la boue, les drones, la mort, les regrets et l'écart entre son imaginaire guerrier et la réalité. Sur les réseaux sociaux, il s'était construit un personnage agressif, affirmant avoir tué 10 personnes et menaçant les Britanniques combattant côté ukrainien. Son cas reste marginal : depuis février 2022, 2 000 à 3 000 Britanniques auraient rejoint la Légion étrangère ukrainienne, tandis que ceux partis combattre pour la Russie ne seraient que quelques dizaines, auxquels s'ajoutent des centaines de volontaires de la première vague de 2014 dans le Donbass. L'article retrace aussi son environnement personnel : amitiés consolidées en 2020 autour du scepticisme face aux confinements, baptême orthodoxe en juin 2022, voyages en Russie et quête d'absolu.Début 2026, Fraser reconnaît que sa posture de combattant et son activisme idéologique masquaient surtout un désir de mort. Il dit avoir perdu ses illusions sur la Russie comme sur lui-même et admet être seul responsable d'une situation dont sa vie d'avant ne peut plus le tirer. Son contrat se termine dans 2 mois et il ne compte pas le renouveler, mais son avenir reste bloqué : retour possible en prison ou en paria au Royaume-Uni, avenir incertain en Russie, d'autant que l'article 40 de la loi britannique de 1981 permet au ministre de l'Intérieur de retirer la nationalité si cela est jugé conforme à l'intérêt général....
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